Home | About Us | News Feeds RSS | Subscribe | Support Us | User Login | Search

InfoServ Pages
RSS RSS News Feeds
Topics
Africa General
AU/NEPAD
Culture
Ecology
Economic Justice
Food and Land
Gender
Health and AIDS
History
Human Rights
Interfaith Relations
Media
Profiles
Resource Extraction
Youth & Children
Regions
Central Region
Eastern Region
North Africa Region
Southern Region
Western Region
Countries
Angola
Sudan and South Sudan
Zimbabwe

Coordinator's Picks


About InfoServ
Purpose
History
Identity
Editorial Policy
Content
Africa Research Archive
Free E-mail Service
Longer, analytical article.  Uni. Simon Fraser et les guerres au Soudan et en RDC

Summary & Comment: "Les chercheurs de l’université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, au Canada, qui publient en cette fin janvier un nouveau rapport de leur série Human Security Report, intitulé "La diminution des pertes humaines dans les guerres", arrivent à une série de conclusions qui méritent toutefois d’être regardées de près." DN

Author: Jean-Philippe Rémy Date Written: 2 February 2010
Primary Category: Sudan and South Sudan Document Origin: Le Monde via AfricaCanada Forum
Secondary Category: Central Region Source URL:
Key Words: Soudan, Sudan, RDC, DRC, Simon Fraser, guerres,

African Charter Article #23: All peoples shall have the right to national and international peace and security. (Click for full text...)



Printable Version
Uni. Simon Fraser et les guerres au Soudan et en RDC
 - Comptes cruels de la guerre
 
 
Compte tenu du registre, celui des décès enregistrés sur la planète dans le cadre des guerres des cinquante dernières années, il serait curieux de parler de bonne nouvelle. Les chercheurs de l'université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, au Canada, qui publient en cette fin janvier un nouveau rapport de leur série Human Security Report, intitulé "La diminution des pertes humaines dans les guerres", arrivent à une série de conclusions qui méritent toutefois d'être regardées de près.

Selon eux, les taux de mortalité lors des guerres des dernières décennies (ils en ont étudié dix-huit) ont décru. Cette observation, fondée sur des études statistiques, dissimule deux aspects différents de la mortalité en temps de guerre. D'une part, en l'espace d'un demi-siècle, les conflits font nettement moins de victimes "directes", tombées sur les champs de bataille. D'autre part, le taux de victimes "indirectes" - civils morts en raison de la dégradation générale de la situation dans leur région, avec l'effondrement de l'économie, des structures de santé ou de l'approvisionnement - tend lui aussi à baisser en proportion lorsque commence la guerre. C'est là le résultat le plus surprenant.

En substance, les chercheurs de l'université de Colombie-Britannique soulignent un fait connu : la disparition progressive en l'espace d'un demi-siècle de conflits dominés par des armées régulières, au profit d'affrontements relevant de la catégorie "conflits de basse intensité", insurrections et guérillas. Ils mettent aussi en avant que le développement récent de l'aide humanitaire à l'échelle mondiale, parallèlement à des campagnes de santé publique en période de paix pendant la même période, a permis de réduire les taux de mortalité dans les pays en guerre de manière si significative que les conflits ne parviennent pas à faire revenir les chiffres à leurs niveaux plus élevés des décennies écoulées.

L'évaluation du nombre de morts d'une guerre est un exercice non seulement ingrat, mais périlleux. D'abord, la statistique, en admettant qu'elle soit juste, ne dessine pas les causes d'un conflit. Elle donne encore moins une appréciation de la souffrance des êtres humains qui en sont victimes. Surtout, elle est happée, aussitôt publiée, par les mécanismes d'interprétation, qui construisent le sens, parfois en s'affrontant, et dispensent les blâmes et les crédits aux différents acteurs du conflit, même lorsque celui-ci est terminé.

Ce travail est pourtant indispensable, puisqu'il constitue un élément isolé, mais crucial, d'appréciation de la portée d'une guerre. Or, le Human Security Report pousse à conclure qu'il pourrait être nécessaire de revoir les pertes estimées de certains conflits, notamment en Afrique. Ses auteurs ne se penchent pas sur le chiffre régulièrement avancé pour la guerre du Soudan (1983-2005) : deux millions de morts, mais laisse espérer de futurs travaux sur le sujet.

Simultanément, deux médecins, Olivier Degomme et Debarati Guha-Sapir, publient dans le Lancet, journal scientifique de médecine, une étude de même nature sur le Darfour. Le chiffre des morts est évalué à 300 000, incluant 80 % de "victimes indirectes", loin des 400 000 morts "directes", causées par les violences, avancées parfois par des organisations de militants. Les guerres feraient donc en moyenne moins de morts que prévu ? La publication du Human Security Report est loin d'avoir été accueillie par des soupirs de soulagement. Le rapport est même en train de déclencher la même empoignade d'experts et de statisticiens observée au sujet de l'évaluation des morts de la guerre d'Irak. Cette fois, le coeur de la dispute touche la République démocratique du Congo (RDC).

Les chiffres de l'organisation humanitaire International Rescue Committee (IRC) faisaient jusqu'ici autorité pour mesurer le nombre de victimes de ce conflit régional dans la région des Grands Lacs, la grande guerre africaine post-guerre froide (1998-2003). Les chercheurs d'IRC, en se basant sur des variations de taux de mortalité avant et pendant la guerre, établies en comparant leurs mesures sur le terrain et des chiffres tirés de bases de données, ont publié régulièrement, depuis 2000, leurs évaluations du nombre de victimes - essentiellement "indirectes" - de cette guerre.

Le dernier état de leurs calculs portait le chiffre, en 2007, à 5,4 millions de morts. Un chiffre jugé "exagéré" par les auteurs du Human Security Report, qui estime qu'il doit être divisé par deux, étant fondé sur des études de terrain effectuées dans des régions très touchées par la guerre, donnant donc une idée faussée de la situation dans le reste d'un pays grand comme l'Europe de l'Ouest. Ils ajoutent que les statistiques d'avant-guerre utilisées sont celles de l'Afrique en général, et non celles de l'ex-Zaïre, où le taux de mortalité était déjà très élevé.

IRC conteste vigoureusement ces remarques et attaque à son tour certaines méthodes du Human Security Report. Preuve que l'enjeu de cette bataille de chiffres n'est pas qu'une empoignade intellectuelle flirtant avec l'obscénité : la publication des premiers chiffres d'IRC, en 2000, avait entraîné la multiplication par cinq de l'aide humanitaire à destination du Congo, alors que "la contribution des Etats-Unis, à elle seule, avait été multipliée par 26", relève IRC.

Printable Version

Disclaimer: Opinions expressed in this article are those of the writer(s) and not do necessarily reflect the views of the AfricaFiles' editors and network members. They are included in our material as a reflection of a diversity of views and a variety of issues. Material written specifically for AfricaFiles may be edited for length, clarity or inaccuracies.

     top of page