1. Ancien amassadeur de France au Sénégal« Curieuse, la candidature de
Wade ! »
http://www.sudonline.sn/spip.php?article2854 et
http://www.homeviewsenegal.sn/spip.php?article12331
Jean Christophe Rufin, l’ambassadeur académicien s’en est retourné chez lui en France depuis le jeudi 1er juillet, sa mission achevée au Sénégal le 30 juin ainsi qu’il en avait décidé. Mais avant de quitter notre pays, l’ex-plénipotentiaire désormais de La Marianne à Dakar s’est prêté bien volontiers aux questions de notre confrère Mamoudou Ibra Kane de la Radio Futurs médias (Rfm). Invité de l’émission « Le grand Jury » à quelques heures de son départ officiel du Sénégal, émission diffusée hier, dimanche 4 juillet, il a fait part de ses réflexions sur l’actualité sénégalaise et ses derniers développements avec cette liberté de ton et d’observation qui lui est reconnue au sein de l’opinion.
C’est ainsi que la candidature de Me Wade en 2012 est une curiosité, a-t-il estimé. « C’est une curiosité de se présenter à une élection présidentielle en âge avancé », a souligné en effet, Jean Christophe Rufin qui dit n’imaginer qu’un candidat aussi âgé puisse se présenter en France, en Italie… « Je n’imagine pas un candidat aussi âgé puisse se présenter en Italie, en France ou ailleurs. C’est une curiosité, quelque chose de surprenant en tout cas », a-t-il dit. Avant d’ajouter atténuant la sévérité du jugement, « maintenant, ailleurs, au plan culturel, si quelqu’un a les capacités intellectuelles, physiques pour conduire les affaires du pays, personne n’y peut rien ».
L’ancien ambassadeur de la France au Sénégal est aussi revenu sur ses relations jugées heurtées avec certaines autorités sénégalaises, notamment avec le fils Wade. « J’ai toujours résisté aux pressions », a-t-il a déclaré tout en précisant cependant que ses relations avec Me Wade père étaient bonnes. « Je devais au président Wade du respect par son âge, son expérience. Jamais pendant mes trois ans passés au Sénégal, le chef de l’Etat n’a eu des relations heurtées avec moi comme celles qu’il a connues avec ma collègue américaine », a-t-il témoigné. Mais s’empresse-t-il de faire noter cependant, « mes relations avec Karim Wade n’étaient pas aussi bonnes que mes relations avec son père, qui était marquées par le respect et la confiance. Karim Wade est hostile à la critique et même au dialogue ».
Succession dynastique
Jean Christophe Rufin s’est voulu clair et précis. La France n’a pas le droit de s’impliquer dans la politique sénégalaise. « Elle ne doit pas s’ingérer dans les affaires politiques sénégalaises. Je crois que cette position est celle du président Sarkozy », a-t-il indiqué, interpellé sur l’idée prêtée au chef de l’Etat de se faire succéder par son fils. Sur le projet de succession dynastique en tant que tel, l’académicien a soutenu que le président Wade a le droit de se présenter, mais il n’a pas le droit de mettre son fils. « Je ne pense pas que ce soit si simple. Il ne peut pas user de moyens illégaux pour se faire succéder par son fils. Karim Wade a le droit de se présenter aux élections, mais il ne doit pas bénéficier d’un appui de son père.
Tous les candidats doivent être sur le même pied », a-t-il insisté. « Personne n’a le pouvoir constitutionnel d’empêcher au fils du président de se présenter si les règles sont respectées », a-t-il ajouté tout en précisant néanmoins que, « l’on ne peut accepter une succession dynastique ».
Son départ du Sénégal ayant été annoncé officieusement par Karim Wade, après un entretien à l’Elysée avec le Secrétaire général de l’Elysée, Jean Claude Guéant, Jean Christophe Rufin a dit hier toute sa désapprobation sur cette affaire. Il a déclaré ne pas comprendre cette manie du fils du président sénégalais de mettre sur la place publique des discussions privées. « C’est ce que Me Wade reprochait à Mme Bernicat que Karim Wade fait », s’est-il désolé. Il pense en outre que l’humiliation de Mme Marcia S. Bernicat, l’ambassadrice des Etats Unis d’Amérique au Sénégal, qui lui a été infligée par le chef de l’Etat en personne sous l’œil des caméras de la Rts « est regrettable.
Puisqu’un ambassadeur n’est qu’un porteur de message, et si on doit s’en prendre a quelqu’un, ça aurait dû être Mme Hillary Clinton ou le président Obama en personne. Surtout quand on sait que l’ambassadrice Madame Marcia S. ernicat a personnellement modéré le message initial avant de le rendre public ». Jean Christophe Rufin qui avant son départ a tenu cependant à honorer la presse nationale en invitant nos deux confrères que sont Barka Bâ du Quotidien « Kotch » et Mamoudou Ibra Kane de la Rfm à modérer les débats lors de la présentation à l’Institut Léopold Sédar Senghor, ancien Centre culturel français de son dernier ouvrage, « Katiba » au lectorat dakarois, prouvant au passage qu’il n’avait pas une piètre opinion des journalistes sénégalais.
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