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Longer, analytical article.  Sénégal: Le mouridisme et les confréries, voie qui mène vers Dieu ?

Summary & Comment: On peut se demander si le but du Mouridisme serait de réformer l’Islam et de le relancer. La question mérite d’être posée. Selon son fondateur, le Mouridisme est une revivification du legs du Prophète Mohamed dont il s’est fait le chantre. Et une confrérie regroupe tous ceux qui ont un maitre commun dont ils suivent les enseignements. Les Sénégalais ont une perception très diversifiée de cette branche islamique influente au Sénégal, voie qui vise à mener vers Dieu. B.T.

Author: 1. Serigne Mansour Sy Cissé | 2. Fara Sambe Date Written: 30 March 2012
Primary Category: Interfaith Relations Document Origin: Le Soleil
Secondary Category: Africa General Source URL: http://fr.allafrica.com/
Key Words: Sénégal, Mouridisme, Prophète Mohamed, maître, enseignements

African Charter Article #8: Freedom of conscience and of religion shall be guaranteed. (Click for full text...)



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Deux articles :

Sénégal: Le mouridisme et les confréries, voie qui mène vers Dieu ?

1.  Sénégal: Le mouridisme, entre foi et engagement

2. 2. Khadim Mbacke - «Une confrérie regroupe tous ceux qui ont un maitre commun»



Sénégal: Le mouridisme, entre foi et engagement .

http://fr.allafrica.com/stories/201203301136.html

Le Mouridisme est-il ou non une «tarikha» ? La question mérite d'être posée, sans verser dans la controverse. Certains affirment que, pour son fondateur, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, cette voie est plutôt une revivification du legs du Prophète Mohamed dont il s'est fait le chantre. La perception qu'ont les Sénégalais de cette branche islamique influente au Sénégal est pourtant très diversifiée.

Quartier de Hann, devant le Parc zoologique du même nom, Abdoul Aziz Ndiaye, taille élancée, teint clair et sobrement habillé, accepte d'interrompre sa promenade.

A la question : «saviez-vous que le Mouridisme n'est pas une tarikha» ? Il répond sans ambages : «on a cette chance d'avoir quelqu'un comme Cheikh Ahmadou Bamba.

C'est vrai qu'il dit que le Mouridisme n'est pas une tarikha. Tout ce que le saint homme a écrit relève de la vérité. Moi qui vous parle, je suis Tidiane, mais je crois en Serigne Touba».

Notre interlocuteur nous confie qu'il a des amis Mourides. «Tout le monde est Mouride», lâche, avec conviction, Abdoul Aziz Ndiaye. Non loin de là, un jeune homme lui fait écho. La démarche posée, habillé avec simplicité, une casquette bien visée sur la tête, teint noir, le sac suspendu sur l'épaule, Ibrahima Khalil Mendy soutient :

«Je suis musulman et disciple du prophète Mouhamed (Psl) que Dieu a envoyé. Je me conforme aux préceptes de la religion islamique». Il confie reconnaitre le travail abattu par le cheikh de Touba.

Il considère le fondateur du Mouridisme comme un grand homme. Selon lui, qu'ils soient musulmans ou chrétiens, jeunes ou vieux, hommes ou femmes, tous connaissent le nom de Serigne Touba, même s'il est perçu différemment.

Le soutien aux pauvres comme viatique

Mamadou Sanou Diallo étudie au Cem de Hann. Elève en classe de 3ème, ce jeune mouride est conscient d'un fait : «le Mouridisme n'est point une "tarikha"». Dans une déclaration très posée, il trouve en Cheikh Ahmadou Bamba «un guide loyal».

D'où la conclusion qu'il en tire : «Serigne Touba est un bon guide». «Le Mouridisme est aussi une doctrine qui prône l'aide aux plus pauvres», dit-il. Le maçon Baye Cheikh, dans un français approximatif, est sûr que le Mouridisme est une voie qui mène vers Dieu. «Le cheikh nous incite même dans ce sens».

A travers son accoutrement, on devine qu'il est un fervent «talibé» qui se reconnait en Cheikh Issa Diène qui fut le marabout de son père. De plus, il est convaincu des bienfaits dont Dieu a gratifié la ville sainte de Touba.

«Le saint homme avait prié le Tout-puissant dans ce sens», dit-il. Comme quelqu'un qui «tombe en transe», Baye Cheikh liste quelques bienfaits des «Sant» (actions de grâce) à Touba, des «Berndèl» (les repas offerts aux pèlerins) et des actes d'adoration du Tout-Miséricordieux. Baye Cheikh admet que c'est le résultat de l'exil du marabout au Gabon. «Il était venu pour oeuvrer dans le chantier d'Allah», lance-t-il.

Enseignements islamiques

«C'est vrai, le Mouridisme n'est pas une tarikha», commente le jeune Lamine Diagne. A côté de lui, un pilon attaché autour du cou, sur son accoutrement à l'image des «Baye Fall», Lamp Diouf ajoute que Serigne Touba a fait un appel à l'endroit de toute la communauté islamique.

Tapissier de son état et âgé de 22 ans, il appelle à une bonne connaissance des enseignements islamiques avant de se réclamer du Mouridisme, qui en est une branche influente, pratiquée par de nombreux musulmans sénégalais. Qui plus est, le fait que Bamba soit né au Sénégal constitue une fierté, une chance pour la plupart des personnes interrogées.

Bataille pour la cause de l'homme noir

Selon Moustafa Ndiaye, lui aussi maçon. «Le Mouridisme nous a donné le chemin de Serigne Touba, saint homme qui nous a guidés et nous guide encore». Ce Tidiane, élève de Terminale, dit ne pas connaitre les sources profondes du Mouridisme, mais pense que cette voie «nous a mené vers le bon chemin».

C'est aussi l'avis de Pape Sow, technicien en Bâtiment, également membre de la confrérie Tidiane. Ce dernier précise que le terme mouride signifie «celui qui aspire à aller vers Dieu». D'après lui, en phase avec l'Islam, «les écrits de Cheikh Ahmadou Bamba sont toujours actuels et renferment beaucoup de perspectives».

Pape Sow note que : «l'oeuvre de Bamba va au-delà de la dimension religieuse. L'arme de Bamba est sa plume ; ses écrits ont une dimension intellectuelle, mais aussi révolutionnaire».

Il est d'ailleurs nécessaire de garder en mémoire le fait que «Bamba se soit battu pour la cause de l'homme noir. Son vécu coïncide avec les moments forts du colonialisme et de l'impérialisme». De son côté, Pape Sow ajoute : «c'est un homme que j'aime beaucoup, qui m'inspire respect et fierté».

Ce technicien en Bâtiment soutient que l'Islam est une religion de paix et de pardon. Il rappelle qu'à son retour d'exil du Gabon, Cheikh Ahmadou Bamba a pardonné à tous ses ennemis. «L'Islam est donc une religion pacifique et surtout pas une religion de terrorisme, comme le prétendent à tort certains», argumente-t-il.

Optimiste, il ajoute que cet Islam de paix fera le tour du monde et espère qu'il gagnera plus d'un coeur. Une jeune Catholique, Magy Faye, 23 ans, estime, quant à elle, que la religion musulmane est intéressante, à l'instar des autres pratiques religieuses.

De Cheikh Ahmadou Bamba, l'étudiante en Faculté de droit de l'Université Cheikh Anta Diop n'a entendu que du bien. Mais elle avoue ne pas connaîetre grand-chose du Mouridisme.

Finalement, quatre écolières dont Ndèye Arame Gningue et Thioro Ndiaye ont accepté de se prononcer. L'une ne connait pas bien le cheikh, alors que Thioro est une fervente talibé mouride. Visiblement intimidées, elles sont tout de même d'accord sur une chose : «Bamba a fait beaucoup de bonnes choses».



http://fr.allafrica.com/stories/201203301131.html

2. Sénégal: Khadim Mbacke - «Une confrérie regroupe tous ceux qui ont un maitre commun» 

Le professeur Khadim Mbacké de l'Ifan dit être au courant de l'affirmation du 4ème Khalife de Touba, Serigne Abdoul Lahat Mbacké, comme quoi «son père n'avait pas créé de confrérie et que ce qui l'intéressait, c'était de réformer l'Islam et de le relancer».

Ce qui procéderait des hadiths où il est annoncé qu'au début de chaque siècle, «Dieu enverrait un réformateur pour l'Islam». Selon l'islamologue, sous ce rapport, on peut dire que «Cheikh Ahmadou Bamba était ce réformateur et non un créateur de confrérie».

Ce qui est vrai, pense le professeur Khadim Mbacké qui remonte aux différents wirds (obédiences) dans lesquelles le Cheikh est devenu maître, à savoir la Khadrya de ses ancêtres, ensuite le wird Shaadeli, enfin le wird Tidjane.

«Il a passé huit ans à pratiquer chacun de ces wird, avant la création du sien propre en 1904 en Mauritanie, parce qu'il estimait avoir atteint l'objectif des créateurs de confrérie. Il considérait que sa seule référence était désormais le Coran.

Comme sont habilités à le faire tous ceux qui parviennent à une telle stature dans la tradition Soufi, à l'instar de Cheikh Saadbou, il initiait au wird que lui demandait chaque adepte venu vers lui et, à celui qui n'en spécifiait pas, il donnait le wird Mouride.

«Le fait d'avoir créé son propre wird est interprété par certains comme traduisant la volonté de créer une confrérie», dit le Pr Khadim Mbacké. Et c'est ce qui est admis par la majorité de la population, pour qui le Mouridisme est une confrérie.

Même si, selon lui, les Cheikh de Mauritanie et d'ailleurs estiment qu'il n'en est rien et que le Mouridisme est plutôt une sous-confrérie ou une branche de la grande confrérie Khadrya. La confusion viendrait de là, parce que le Cheikh Ahmadou Bamba est resté de 1875 à 1904 dans les confréries en question, avant de déclarer son indépendance.

Mieux, pour le chercheur de l'Ifan, la confrérie n'est, en fait, que ce qui regroupe tous ceux qui ont un maître commun dont ils suivent les enseignements.

«Ce sont des confrères, c'est-à-dire des frères dans la religion, sur la base d'une vision commune qui se dégage des enseignements d'un maître», conclut-il.

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