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a project for people first
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Looking ahead . . .
Vol. 11 - DRC in Focus
Looking back . . .
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Vol. 11 (November 2009 - April 2010)
THE DR CONGO IN AFRICA
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Par/By Solly Moeng La période de transition entre l’ancien Zaïre sous le président Mobutu Sese Seko et l’actuelle RDC sous le président Joseph Kabila a été marquée par des violences et des bouleversements terribles. Plusieurs congolais ont fuit à ce moment, à l’interne comme vers d’autres pays, incluant ceux membres de la SADC. Dans cet article, l’auteur pose un regard sur les réfugiés congolais en Afrique du Sud et discute leur nostalgie politique, leurs contributions économiques et culturelles, leurs liens avec la RDC et leurs espoirs pour le futur. The transition period from the former Zaire under President Mobutu Sese Seko to the current DRC under President Joseph Kabila has been one of terrible violence and upheaval. Many Congolese fled during this time, both internally and to other countries, including those in SADC. In this article, the author looks at Congolese refugees in South Africa and discusses their political nostalgia, their economic and cultural contribution, their ties to the DRC and their hopes for the future.
Par/By Laura Enz et/and Mik Missakabo La RDC a une des populations les plus diverses au niveau ethnique en Afrique, mais le rôle que l’ethnicité joue, et a joué, en politique, dans l’économie et dans les conflits du pays est une question hautement débattue. À quel point l’ethnicité est-elle importante? Les auteurs de cet article nous fournissent une perspective nuancée et équilibrée sur un aspect de la vie congolaise qui a tout connu, autant la manipulation destructrice que la fierté et la célébration nationale. The DRC has one of the most ethnically diverse populations in Africa, but the role that ethnicity plays, and has played, in politics, the economy and in the country’s conflicts is a hotly debated issue. Just how important is ethnicity? The authors of this article provide a carefully nuanced, balanced perspective on an aspect of Congolese life that has seen everything from crass, destructive manipulation to national pride and celebration.
Par/By Mik Missakabo La République démocratique du Congo est bien positionnée pour être l’acteur principal de la renaissance africaine. Voici l’argument central de Mik Missakabo, éditeur invité, alors qu’il lance cette nouvelle édition d’At Issue sur la RDC en Afrique. Après une description de la crise actuelle en RDC, l’éditorial présente une analyse des racines de la situation et démontre pourquoi celle-ci ne devrait pas être perçue comme incurable ou désespérée mais plutôt comme un kairos. En effet, elle devrait être vue comme une occasion pour la population de se réinventer afin de créer les libertés dont elle a besoin pour réaliser son plein potentiel, pour son propre bénéfice, mais aussi pour l’Afrique et le monde. The Democratic Republic of Congo is well situated to be a mainspring of the African Renaissance. This is the central argument of guest editor, Mik Missakabo, as he launches this new "At Issue" series on the DRC in Africa. After describing the DRC's current crisis, the editorial goes on to analyse the roots of the situation and to show why it should not be seen as terminal or hopeless but rather as a "kairos" for transformation, where people create the freedom they need to realise their true potential, for their own benefit as well as for Africa and the world.
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LA RDC, L’AFRIQUE DU SUD ET LA RENAISSANCE AFRICAINE |
by Solly Moeng
(For the English version, click on "The DRC, South Africa and the African Renaissance".)

La République démocratique
du Congo (RDC), anciennement le Zaïre avant que son ancien président, Laurent
Kabila, change son nom, est un pays avec plusieurs histoires. Depuis les dix
dernières années, nous avons vu le pays changer de chef d’un despote, Mobutu
Sese Seko, au défunt Laurent Kabila, au président actuel Joseph Kabila Kabange,
fils de l’ancien président assassiné. Le pays a aussi traversé au moins deux
guerres et un nombre de morts, d’abus des droits fondamentaux et de
destructions qui ont créé la plus grande source de refugiés politiques et
économiques des dernières années. Les tensions actuelles qui sévissent dans la
partie est du pays n’aident certainement pas la situation!
La fin du régime et le départ
subséquent de l’ancien président et dictateur, Mobutu Sese Seko, en exil au
Maroc où il a finalement succombé à un cancer de la prostate en septembre 1997,
ont coïncidé avec la fuite en exil de plusieurs personnes dont la vie dépendait
en partie des largesses du président et de leur loyauté envers ce dernier pour presque
plus de quarante ans de mauvaise administration. De plus, pendant la période de
la fin du régime de Mobutu, les occasions d’emploi devenaient plus rares. Ceci
est bien connu que Mobutu savait où était son intérêt pendant la guerre froide
entre les deux grandes puissances de l’époque. Pour son soutien, les États-Unis
étaient prêts à ignorer la plupart de ses pratiques anti-démocratiques. Les
questions de gouvernance ne semblaient pas être de grande importance à cette
époque, alors que Mobutu pillait les ressources naturelles de son pays au profit
de sa famille, de ses amis et de ses alliés politiques externes.
| « Mobutu savait où était son intérêt pendant la guerre froide... Pour son soutien, les États-Unis
étaient prêts à ignorer la plupart de ses pratiques anti-démocratiques. » |
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Alors que les présidents
américains successifs prenaient soin de lui, Mobutu s’assurait que toute
influence de l’Union soviétique (URSS) – l’autre super puissance avant la chute
du mur de Berlin – était contrôlée. Être le favori de l’Ouest lui a assuré,
comme les régimes d’apartheid successifs en Afrique du Sud, de rester le style
de leadership toléré, si ce n’est préféré, pour son pays. Pour l’Amérique, il
représentait le moindre mal pour un pays riche en ressources minières. On lui
faisait aussi confiance pour aider les intérêts géopolitiques américains,
quelque chose qu’il fit bien.
La première cohorte de réfugiés
congolais en Afrique du Sud arriva au début des années 90, juste avant les
premières élections démocratiques d’Afrique du Sud – élections qui amenèrent au
pouvoir le Congrès national africain (CAN) et Nelson Mandela en tant que
premier président du pays élu démocratiquement. La majorité de cette première vague d’exilés
était formée d’intellectuels qui voyaient en Afrique du Sud des occasions au
moment où des signes dans leur propre pays leur indiquaient que les choses
tourneraient mal.
Aujourd’hui, la plupart des
réfugiés congolais en Afrique du Sud sont mécontents de la direction politique
prise par leur pays depuis le départ de Mobutu. Il reste plusieurs ardents défenseurs
de Mobutu dans leur rang qui n’ont connu qu’un pays tenu ensemble par ce fils de la terre alors que tout était contre lui, comme
plusieurs d’entre eux prétendent. Ils ont grandi dans un pays dirigé par Mobutu
avec toutes ses imperfections et n’ont rien connu d’autre. En fait, ils ne
peuvent tolérer l’idée des Kabilas que, ironiquement, plusieurs considèrent
comme des voleurs venus de l’est pour piller les ressources de leurs terres. Pour
eux, Mobutu était un vrai congolais qui, pour quarante ans, a maintenu toutes
les tribus du pays ensemble. Rien d’autre
ne semble compter. Ce
groupe aurait aussi préféré que Jean-Pierre Bemba gagne les premières élections
démocratiques depuis 45 ans de leur pays, en 2007, alors qu’ils le considèrent
plus congolais que l’actuel président. Aucun raisonnement ne peut les persuader
de croire que la dernière élection était largement libre et juste et que le président
Joseph Kabila Kabange a en fait gagné. Pour eux, c’est un président qui leur a été
imposé par l’Afrique du Sud et le reste du monde.
Même si le concept d’une
renaissance africaine, idée largement promue par l’ancien président sud
africain Thabo Mbeki, a quelque peu disparu du discours politique et médiatique,
cela ne met pas un terme au besoin de réfléchir au rôle qu’un pays comme la RDC
pourrait et devrait jouer dans les problématiques africaines. Les fonctions
actuelles du président Kabila en tant que président rotationnel de la Communauté
de développement de l’Afrique australe (« SADC ») ont, en partie,
ouvert un espace crucial pour son pays afin d’occuper sa place légitime au
centre des discussions sur le développement et les réalisations africains. Les
ressources naturelles et l’importance géopolitique de la RDC dans la région des
grands lacs font en sorte que son comportement politique pourrait être le salut
ou la perte pour plusieurs des efforts visant à changer la manière dont
l’Afrique est perçue ailleurs dans le monde. Il n’y a aucun doute que l’adhésion de la RDC
au SADC et sa coopération grandissante avec d’autres pays de la région est un
bon signe d’intégration positive et, à un certain niveau, d’assimilation
politique. La coopération économique a aussi augmenté à travers un nombre de
projets de développement bilatéraux et multilatéraux qui assurent une
augmentation positive des investissements faits par des africains dans des
projets africains.
| « Les fonctions
actuelles du président Kabila en tant que président rotationnel de la Communauté
de développement de l’Afrique australe (« SADC ») ont, en partie,
ouvert un espace crucial pour son pays afin d’occuper sa place légitime au
centre des discussions sur le développement et les réalisations africains. » |
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Le rôle que peut jouer
l’Afrique du Sud afin d’apporter plus de stabilité à la RDC est, en partie, entravé
par le désir du pays d’atténuer les impressions, partagées par d’autres parties
du continent, que l’Afrique du Sud a l’ambition de jouer le rôle de « grand
frère » pour d’autres pays africains. Le résultat est une Afrique du Sud qui
tente de jouer son rôle en accord avec les dictats de l’Union africaine (UA) et
de SADC, ainsi évitant de donner quelques signes que ce soit d’une politique unilatéraliste
dans sa conduite de sa politique extérieure sur le continent. Ceci est devenu évident
dans son traitement de nombreuses problématiques chaudes récentes, telles que
le Zimbabwe, le Darfur (notamment le mandat d’arrêt de la CPI pour le président
soudanais Omar al Bashir), la démocratie au Swaziland et les discussions à
propos de la possible formation des États Unis d’ Afrique, menées par le
colonel libyen Muammar Gaddafi et d’autres. Même si l’Afrique du Sud tente
d’aligner ses réponses aux décisions communes, il y a eu quelques fois où elle
a dû se rétracter après. Un exemple de cette situation est une décision récente
des membres de l’UA de ne pas assister la CPI dans l’arrestation du président
al Bashir, comme demandé par la Cour. Après avoir été critiqué par les partis
de l’opposition et les groupes de la société civile à l’interne et par d’autres
formations à l’étranger de ne pas s’élever contre cette décision étrange -
d’autant plus que le pays est signataire de la Convention de la CPI - l’Afrique
du Sud a trouvé une façon de modérer sa position sur le sujet en expliquant
simplement qu’elle n’avait aucunement l’intention d’aller à l’encontre de ses
obligations internationales. On devrait garder en tête que le président al
Bashir n’a jamais mis pieds en Afrique du Sud pour l’investiture du président
Zuma après avoir été informé que l’Afrique du Sud devrait l’arrêter et le
remettre aux autorités de la CPI s’il se présentait. 
Retournons à la question
suivante: que peut faire l’Afrique du Sud pour aider la RDC à consolider sa démocratie?
La réponse simple est, à elle seule et étant donné les considérations ci-haut, très
peu. Le fait que d’autres pays africains aient toutes sortes d’intérêts conflictuels
en RDC complique aussi le rôle que pourrait jouer l’Afrique du Sud sans éveiller
des soupçons ailleurs. Des pays comme le Zimbabwe, l’Angola et la Namibie ont appuyé
militairement Laurent Kabila dans une ou l’autre des guerres des années 90. Ils
mettent de l’avant leurs propres intérêts nationaux en s’impliquant dans les
affaires de la RDC. Tous ces pays surveilleraient de près l’implication de
l’Afrique du Sud. Ceci bien sûr ne veut
pas dire que l’Afrique du Sud n’a pas de rôle à jouer dans l’intérêt de la démocratie.
Après tout, ce fut l’Afrique du Sud qui, du temps de la présidence de Thabo
Mbeki, alloua des ressources financières et logistiques afin de faciliter les négociations
entre les partis congolais, négociations qui prirent part pendant plusieurs
mois juste à l’extérieur de Sun City, dans la province du Nord-Ouest de
l’Afrique du Sud. Cet investissement dans la démocratie congolaise et son
leadership moral en tant que démocratie stable permet à l’Afrique du Sud de
continuer à encourager l’établissement et la consolidation d’institutions
démocratiques en RDC et ailleurs. Dans son discours aux parlementaires ghanéens
plus tôt cette année, le président américain Barack Obama a déclaré que
l’Afrique a besoin d’institutions fortes, et non pas d’hommes forts. Il ne
pouvait pas être plus juste.
| « Le président américain Barack Obama a déclaré que
l’Afrique a besoin d’institutions fortes, et non pas d’hommes forts. » |
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À plusieurs des congolais
qui furent les premiers à arriver en Afrique du Sud se sont joint, à travers
les années, les membres de leur famille de toutes générations qui avaient été
laissés derrières au début des années 90. Femmes, maris, enfants, parents, frères,
sœurs et plusieurs autres ont marché vers l’Afrique du Sud à la recherche de
leurs familles et d’une vie meilleure dans l’économie la plus grande d’Afrique.
Plusieurs d’entre eux ont réussi dans les arts, à la télévision, en sport, dans
la mode et dans plusieurs autres champs d’activités. Joëlle Kayembe, une superbe mannequin congolaise, a
fait la couverture de plusieurs magazines et journaux depuis son arrivée en
Afrique du Sud dans le milieu des années 90. Il existe beaucoup de congolais
qui lui ont emboité le pas. Aujourd’hui, elle est une des mannequins sud-africaines
les plus populaires et les mieux payées. Elle représente un côté plus léger de
ce que la RDC a à offrir et a été
largement acceptée en tant que la quintessence de la beauté africaine en
Afrique du Sud. Tout à son honneur, Kayembe n’a jamais tenté de se distancer de
son identité congolaise et d’affirmer qu’il y a plus en RDC que les rapports négatifs
de conflits s’éternisant. Elle aime parler de sa famille en son pays et des
congolais en général. Par contre, il existe des congolais qui ont réussi en
Afrique du Sud mais qui préfèrent ne pas s’attarder à leur pays. Ceux qui le peuvent essayent toujours de faire
venir leur famille, restée derrière, en Afrique du Sud. Il y a un nombre
grandissant d’enfants qui sont nés en Afrique du Sud mais qui vivent encore
dans leur propre communauté isolée du reste de la société par des barrières
linguistiques et culturelles. Le manque de maitrise de la langue anglaise rend
la réussite difficile pour plusieurs professionnels congolais, spécialement
ceux qui ont une formation médicale, et de trouver un bon emploi dans leur
champs d’expertise.
Le journal sud-africain Mail & Guardian (« Vendredi » Section
Arts du 4 au 10 septembre 2009) raconte la culture « Sapeur » ( Society
for the Advancement of People of Elegance ) qui a commencé à prendre racine dans les banlieues de
Cape Town. C’est une communauté formée de francophones d’Afrique de l’ouest qui
passent leur temps à dépenser leur argent pour acheter les vêtements les plus
chers et les plus colorés seulement pour le simple plaisir de se pavaner. On raconte que certain d’entre eux le font même
au sacrifice d’un bon logement ou de la nourriture pour leur famille. On dit
que Papa Wemba, un musicien soukous d’origine congolaise, s’est fait le
champion de cette mode aussi tôt que dans les années 70, et fut popularisée
dans les communautés congolaises de Paris et Bruxelles dans les années 80 et
90.
La majorité des congolais
en Afrique du Sud sont reconnus pour être de bons et fiables travailleurs. Leur
condition les force à être ouverts et avides d’accomplir plusieurs tâches que
plusieurs sud-africains sans emploi ne feraient pas. Bon nombre des congolais avec une formation médicale
acceptent d’être affectés dans des régions rurales où les professionnels
sud-africains souvent répugnent à travailler. On retrouve aussi plusieurs
congolais travaillant dans les domaines du service, spécialement dans le
secteur de l’hospitalité. Plusieurs gardes dans les stationnements de centres
commerciales sud-africains, dans les centres-villes, dans les centres
corporatifs et dans plusieurs autres grands stationnements sont d’origine
congolaise. Les hommes occupent ces emplois alors que leurs femmes tiennent des
rôles plus effacés, tel que s’occuper de la maison ou travailler dans des salons
de coiffure. On voit aussi des familles, arborant leurs plus beaux habits du
dimanche, marcher vers ou de l’église les dimanches. L’assistance régulière au
service du dimanche semble être un rituel important pour les congolais en
Afrique du Sud.
Djo Kamanda, un étudiant
congolais de vingt-cinq ans à l’Université de Cape Town, ne retournera pas en
RDC tant que le pays sera gouverné par Joseph Kabila. « Il n’est pas un
vrai congolais. Il est là pour voler nos ressources minérales grâce à des
contrats personnels que son gouvernement a signé avec des compagnies
internationales, » affirme-t-il pour justifier son mécontentement du
président actuel. Ce genre de
commentaire s’entend chez plusieurs jeunes congolais qui croient que leur pays
était mieux servi par Mobutu. Badjo Mutonga, un ancien militaire et garde dans
la « Garde Rapproché » de
Mobutu, utilise encore une chanson clamant les vertus du leadership de Mobutu
comme sonnerie de téléphone cellulaire. Il vante le temps où Mobutu lui-même
sortait pour une marche et les abordait personnellement pour prendre des
nouvelles du bien-être de leurs familles, familles qui étaient bien prises en
charge par l’ancien dictateur. 
Ultimement, ce que la RDC représente
aujourd’hui est un mélange! Plusieurs personnes reconnaissent la richesse du
pays en ressources naturelles. Plusieurs congolais en exil voient ces ressources comme un mauvais sort jeté
sur leur pays qui menace sa stabilité. Toute implication de l’étranger est
automatiquement soupçonnée – avec raison – d’être un plan pour mettre la main
sur les richesses naturelles du pays. Le gouvernement de Joseph Kabila est
aussi soupçonné par plusieurs exilés d’être la voie d’accès pour des individus
peu scrupuleux, des multinationales et des pays occidentaux afin d’exploiter
les ressources naturelles. Plusieurs des congolais qui ont grandi sous le régime
de Mobutu ont toujours de la difficulté à accepter les changements de la dernière
décennie. Il refuse encore de reconnaître le président actuel Joseph Kabila comme
le vrai fils de la terre , comme l’étaient
Mobutu ou Jean-Pierre Bemba pour eux, qui pourrait possiblement avoir le même
droit de faire campagne, de gagner la présidence et de contribuer utilement à
l’émancipation de la RDC.
Qu’ils soient près ou loin
de leur pays, les congolais sont rarement ambivalents ou désintéressés à ce qui
arrive dans leur pays. En fait, toute tentative de discussion sur la RDC devra
être bien préparée car elle soulèvera certainement les passions.
| « Qu’ils soient près ou loin
de leur pays, les congolais sont rarement ambivalents ou désintéressés à ce qui
arrive dans leur pays... Ils doivent atteindre une forme de consensus national
sur l’identité congolaise et s’entendre sur la direction à prendre pour la RDC. » |
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Il semble que les congolais
aient un plus grand rôle à jouer que les étrangers afin de restaurer la foi
dans leur propre pays. Ils doivent atteindre une forme de consensus national
sur l’identité congolaise et s’entendre sur la direction à prendre pour la RDC.
Pleurer sur le départ de Mobutu ou
nourrir l’idée folle que l’actuel président n’a pas le droit d’être président
ne semble pas être le bon chemin à prendre. Cette situation plonge la RDC dans
encore plus d’incertitudes et de conflits comme la Côte d’Ivoire a vécu dans la
dernière décennie après le refus par certain de laisser Alassane Ouattara, l’ancien
premier ministre et leader de l’opposition, d’occuper la présidence sur la base
qu’un de ses parents n’était pas né au pays! Alors que plusieurs intellectuels
congolais semblent avoir peu de respect pour le président Joseph Kabila
Kabange, c’est important de l’accepter comme le leader élu démocratiquement, de
participer de manière significative dans la jeune démocratie du pays et, si
besoin est, d’élire un nouveau leader la prochaine fois. Prendre le même chemin
que Madagascar en envoyant un leader élu démocratiquement, Marc Ravalomanana, en
exil et le remplacer par un leader imposé, Andry Rajoelina, ne devrait pas être
une option pour la RDC. C’est une triste route prise par trop de pays africains
depuis les années 60.
L’UA, SADC, l’Afrique du
Sud et la communauté internationale ne peuvent que soutenir les congolais dans
leurs efforts de réaliser leur propre vision nationale. Les solutions aux problèmes
qui infestent le pays ne devraient jamais être imposées par d’autres pays.
Alors que l’Afrique du Sud peut se vanter d’avoir des institutions démocratiques
solides, des medias indépendants et une société civile sans précédent dans le
reste du continent africain, le pays est lui-même une jeune démocratie,
traversant toujours les problèmes qui accompagnent une jeune démocratie. Alors
que d’autres peuvent apprendre de l’Afrique du Sud, cette dernière ne peut
imposer ses leçons sur d’autres pays. La liberté d’expressions, même en Afrique
du Sud, doit être défendue par des groupes forts de la société civile. La même
chose est vraie pour la RDC et d’autres pays africains.
Il y a plusieurs signes
positifs à l’horizon. Ces derniers devraient être encouragés et les medias
indépendants et libres devraient être protégés en RDC et ailleurs sur le
continent afin d’assurer une participation courageuse des groupes de la société
civile dans la renaissance africaine.
THE DRC, SOUTH AFRICA AND THE AFRICAN RENAISSANCE
by Solly Moeng 
The Democratic Republic of Congo (DRC), as Zaire is
now known since its name was changed by former president, Laurent Kabila, is a
country of many stories. In the past ten years we’ve seen the country change
leadership from long time despot, Mobutu Sese Seko, through the late Laurent
Kabila, to today’s President Joseph Kabila Kabange, son of the assassinated
former President. The country has also gone through at least two wars and a
level of death, human rights abuse and destruction that has made it one of
Africa’s biggest sources of economic and political refugees in recent times.
The ongoing tensions in the Eastern part of this country are not helping the
situation either!
The demise and subsequent departure of former long-time
president and dictator, Mobutu Sese Seko, into a Moroccan exile where he
finally succumbed to prostate cancer in September 1997, coincided with the
flight into exile of many people whose livelihood had depended in part on his
largesse and their unquestioning loyalty to him over almost forty years of kleptocratic
misrule. Also during the period of Mubutu’s demise, job opportunities for
professionals were becoming scarce. It is well documented that Mobutu knew
which side his bread was buttered on during the Cold War game between the two
superpowers at the time. For his support, the USA was prepared to turn a blind
eye on most of his undemocratic practices. Governance issues did not seem to be
of importance in that era, when Mobutu plundered his country’s natural resources
for the benefit of family, cronies and external political allies.
| "Mobutu knew
which side his bread was buttered on during the Cold War... For his support, the USA was prepared to turn a blind
eye on most of his undemocratic practices." |
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While successive American presidents took care of
him, he ensured that all influence by the Soviet
Union (USSR) – the other superpower prior to the fall of the Berlin Wall - was
kept at bay. His being the darling of the West ensured that, like South
Africa’s successive apartheid regimes, his remained the tolerated, if not preferred,
style of leadership for his country. He was, as it were, the least of the
devils for America in his mineral rich country and in the region. He was also trusted
to help protect American geopolitical interests, something that he did well.
The first arrival of Congolese refugees in South
Africa began in the early 1990s, just before South Africa’s first democratic
elections—elections that ushered the African National Congress (ANC) into power
and Nelson Mandela as the country’s first democratically elected president. The
majority of that first wave of exiles was made up of intellectuals who saw
opportunities in South Africa at the same time that signs in their own country
indicated that things would go the wrong way.
Today, most of the Congolese refugees in South
Africa are unhappy with the political direction that their country has taken since
the departure of Mobutu. There are many ardent Mobutists among them who have
known nothing but a country held together by this "son of the soil" against
many odds, as many of them continue to claim. They grew up in a country ruled
by Mobutu with all his imperfections and have known nothing else. In fact, they
cannot stand the idea of the Kabilas whom, ironically, many consider to be
thieves who only came in from the east to plunder the wealth of their land. To them, Mubutu was a true Congolese who, for
forty years, kept all of the country’s tribes together. Nothing else seems to
matter. This group would also have preferred Jean-Pierre Bemba to have won
their country’s first democratic elections in over 45 years, in 2007, as they
consider him to be more Congolese than the current president. No amount of
reasoning can persuade them to believe that the last elections were largely
free and fair and that President Joseph Kabila Kabange actually won them. To
them, this is a president who has been imposed on them by South Africa and the
rest of the world.
Although the concept of an African Renaissance,
largely promoted by former South African President Thabo Mbeki, has somewhat
disappeared from media and political discourse in the region, this has not
stopped the need to think about the role that a country like the DRC could and
should play in evolving African issues. President Kabila’s current tenure
of the rotating chairmanship of the Southern African Development Community (SADC)
has, in some ways, created crucial space for his country to assume its rightful
place at the centre of African development and self-actualisation. Because of
its natural wealth and its geopolitical importance in the Great Lakes region,
the political behaviour of the DRC has the potential to make or break many of
the efforts aimed at changing the manner in which Africa is perceived
elsewhere. No doubt, the DRC’s membership of the SADC and its increasing
cooperation with other countries in the region is a good sign of positive
integration and, at some level, of political assimilation. Economic cooperation
has also increased through a number of bi-lateral and multi-lateral development
projects which will ensure positive growth in investment by Africans in African
projects.
| "President Kabila’s current tenure
of the rotating chairmanship of the Southern African Development Community (SADC)
has, in some ways, created crucial space for his country to assume its rightful
place at the centre of African development and self-actualisation." |
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The role that South Africa can play to help bring further
stability to the DRC is, in some ways, hampered by the country’s desire to moderate
impressions that have been created in other parts of the continent that South
Africa has ambitions to play "big brother" over other African countries. The
result of this is a South Africa that tries to play everything according to
African Union (AU) and SADC dictates, thus eschewing any sign of unilateralism
in the conduct of its foreign policy on the continent. This has also been
evident in its treatment of a number of recent, hot issues such as Zimbabwe,
Darfur (notably, the ICC’s arrest warrant for the Sudanese President, Omar al
Bashir), democracy in Swaziland, and discussions about the possible formation
of United States of Africa as pushed by Libyan Colonel Muammar Gaddafi, and
others. While South Africa tries to align its responses to collegial decisions,
there have been times when it has been forced to backtrack after doing so. A
case in point was the recent decision by AU members not to carry out the ICC’s
request for assistance in arresting President al Bashir. After being criticised
by opposition parties and civil society groups at home and other formations abroad
for not speaking out against this strange decision, especially given the fact
that it is a signatory to the ICC convention, South Africa found a way to moderate
its stance on the matter and simply explained that it had no intention of going
against its international obligations. It should be borne in mind that
President al Bashir never set foot in South Africa for the inauguration of
President Zuma after he had been warned that South Africa would have to arrest
and hand him over to the ICC if he did. 
Back to the question of what South Africa can do to
help strengthen democracy in the DRC: the simple answer is, on its own and
given the above considerations, very little. The fact that other Southern
African countries have all sorts of seemingly conflicting interests in the DRC
also complicates any role that South Africa could play without creating
suspicions elsewhere. Countries like Zimbabwe, Angola and Namibia made military
contributions to help Laurent Kabila fight one or both wars in the 1990s. They advanced
their own national interests by getting involved in the affairs of the DRC. All
of these countries would be watching any South African involvement likes hawks.
This, of course, does not mean that South Africa has no role to play in the
interests of democracy. After all it was South Africa, during the presidency of
Thabo Mbeki, that allocated monetary and logistical resources to facilitate the
many months of Congolese multi-party negotiations that took place just outside
Sun City, in South Africa’s North-West Province. It is on the basis of this
investment in the DRC’s democracy and the moral leadership that it still enjoys
as a stable democracy that South Africa can continue to encourage the
establishment and strengthening of democratic institutions in the DRC and
elsewhere. In his speech to the Ghanaian parliamentarians earlier this year,
American President Barack Obama stated, among other things, that "Africa needs
strong institutions, not strong men." He couldn’t have been more correct.
| "South Africa can continue to encourage the
establishment and strengthening of democratic institutions in the DRC... (As) American President Barack Obama stated ... 'Africa needs
strong institutions, not strong men.'" |
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Many of the Congolese who were the first to arrive in
South Africa have, over the years, been joined by family members of all
generations who had been left behind in the early 1990s. Wives, husbands,
children, parents, brothers, sisters and many other new arrivals have since trekked
to South Africa in search of their loved ones and for a better life in Africa’s
biggest economy. Many of them have made it into the arts, TV, sports, modelling
and many other fields of endeavour. Joëlle Kayembe, a beautiful Congolese model, has adorned
many magazine and newspaper covers since she arrived in South Africa in the
mid-1990s. There are many other Congolese who are following in her footsteps. Today,
she is one of South Africa’s most celebrated, sought-after and highly paid
models. She represents a lighter side of what the DRC has to offer and has been
widely accepted as a quintessential symbol of African beauty in South Africa.
To her credit, Kayembe never shies away from identifying with her country and
stating that that there is much more to be found in the DRC than the negative
reports of never-ending conflicts. She
likes talking about her own family back home and the Congolese people in
general. However, there are other Congolese who have managed to make it in
South Africa but who prefer not to focus on their country. Those who can,
always make sure to get members of their family who stayed behind to come join
them in South Africa. There are increasing numbers of Congolese children born
in South Africa who still live within their own communities, shut off from the
rest of society by linguistic and cultural differences. Lack of mastery of the
English language makes it hard for many Congolese professionals, especially
those who are not trained in essential skills like medicine, to find gainful
employment in their field of endeavour.
The South African Mail & Guardian newspaper ("Friday" Arts section of September 4–10, 2009) reported on the "Sapeur" culture (Society for the Advancement of People of Elegance) that
has begun to take root in the suburbs of Cape Town. This is a community of
French speaking West African men who spend their time and money purchasing the
most ridiculously expensive and colourful clothing just to show off for the simple
pleasure of doing so. It was reported that some of them would do so even at the
expense of buying decent accommodation and food for their families. It’s a
trend that is said to have been championed as early as the 1970s by Papa Wemba,
the soukous musician of Congolese origin, and was popularised within the
Congolese communities of Paris and Brussels into the 1980s and '90s.
The majority of Congolese people in South Africa
are known to be hard working and reliable. Their conditions also force them to
be willing and eager to take on many tasks that many unemployed South Africans will
not do. This includes Congolese trained medical practitioners who have been
willing to be deployed to South Africa’s rural areas, where South African
professionals often loath working. Many of them can also be found working at an
increasing number of service points, especially in the hospitality sector. Many
car guards at South African malls, city centres (downtown areas), shopping and
corporate centres, as well as at other large car parks, are of Congolese
origin. The men do these jobs while their women tend to be more invisible,
taking care of household chores at home or working in the thriving hair salon
business. Family groups can also be seen wearing their Sunday best and travelling
to or from church on Sundays. Regular Sunday church attendance seems to be an
important Congolese ritual in South Africa.
Djo Kamanda, a twenty-five year old Congolese
student at the University of Cape Town, will not return to the DRC as long as
it is governed by Joseph Kabila. "He’s not a true Congolese. He’s there to
steal our mineral resources through all the personal contracts that his
government has signed with many international companies," says Djo, justifying
his dislike for the current Congolese President. This kind of comment is
repeated by many other young Congolese who believe that their country was
better off under Mobutu. Badjo Mutonga, an ex-military and "Garde Rapproché" in Mobutu’s elite Presidential guard, still uses a
song lauding Mobutu’s leadership as a ring tone on his cellular phone. He boasts
about the times when Mobutu himself would come out for a walk-about and
personally ask them about the well-being of their families, families who were
always well-taken care of by the ex-dictator. 
Ultimately, what the DRC represents today is a
mixed bag! Many people know of the country’s wealth in natural resources. Many
Congolese in exile see these resources as a curse on their country, threatening
its stability. All foreign involvement is almost automatically suspected—with
reason—as a ploy by others to lay their hands on the country’s natural wealth.
The government of Joseph Kabila is also suspected by many exiles of being a
conduit for the exploitation of this natural wealth by unscrupulous
individuals, large corporations and western countries. Many of those who have grown
up under the leadership of Mobutu are still struggling to come to terms with
the changes that have taken place in the last decade. They still refuse to
accept present President Joseph Kabila as a true son of the soil who, like Mobutu
and Jean-Pierre Bemba, could possibly have the same right to campaign for, win
the presidency and contribute meaningfully to the growth of the DRC.
Whether near of far from their country, Congolese
people are seldom ambivalent or disinterested in what happens in their country.
In fact, any attempt to bring the DRC up for discussion should be well prepared
because it is almost always guaranteed to raise emotions.
| "Whether near of far from their country, Congolese
people are seldom ambivalent or disinterested in what happens in their country... They have to
reach some form of national consensus on who is Congolese or not and agree on
the direction that they want the DRC to take." |
|
It seems that the Congolese have a bigger role to
play in restoring faith in their own country than outsiders do. They have to
reach some form of national consensus on who is Congolese or not and agree on
the direction that they want the DRC to take. Crying over the departed Mobutu or
harbouring the silly suspicion that the current president has no right to be
president hardly seems the way to go. If anything, it plunges the DRC into even
worse uncertainty and conflict than the Cote d’Ivoire has known in the past
decade after the refusal by some to let Alassane Ouattara, former Prime Minister
and opposition leader, to assume the presidency on the suspicion that one of
his parents was not born in the country! While many Congolese intellectuals
seem to have little respect for President Joseph Kabila Kabange, it is important that they accept him as the
democratically elected leader of their country, participate meaningfully in
that country’s young democracy and, if need be, elect a better leader next time
around. Going the route taken by Madagascar in sending a democratically elected
leader, Marc Ravalomanana, into exile and replacing him with the unelected
Andry Rajoelina should not be an option for the DRC. It is a sad route
travelled by too many African countries since the 1960s.
The AU, SADC, South Africa and the international
community can only come in and assist the Congolese to realise their own
intended national vision. The solutions to the problems plaguing the country
could never be successfully imposed from outside. While South Africa can be
said to boast strong democratic institutions, independent media and other civil
society watchdogs unmatched in the rest of the African continent, the country is
itself a young democracy, still going through some of the teething problems which
accompany democratic youth. While it has lessons for others to learn, South
Africa cannot impose these on other countries. Freedom of speech, even in South
Africa, has to be defended by strong civil society bodies. The same should be true
in the DRC and other African countries.
There are many good signs already in the offing.
These should be encouraged and free independent media should be protected in
the DRC and elsewhere on the continent in order to ensure fearless
participation by civil society groups in the renaissance of Africa.
(Solly Moeng is a freelance writer based in Cape Town,
South Africa. / Solly Moeng est un journaliste indépendante basé à Cape Town, Afrique
du Sud.)

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| LA CRISE EN RDC : Y A-T-IL UNE DIMENSION ETHNIQUE ? |
by Laura Enz and Mik Missakabo
(For the English version, click on "The Ethnic Question in the DRC Crisis".)

En juin dernier,
le Congo célébrait ses 49 ans d’indépendance. Symboliquement, le Président Joseph
Kabila a choisi de célébrer cet anniversaire à Goma, la capitale du Nord-Kivu qui,
avec le Sud-Kivu, reste le dernier bastion du territoire national à reconquérir.
Ailleurs dans le pays, la paix est pour une large partie revenue. Querelles
tribales, affrontements internationaux ou luttes pour l’exploitation des ressources
minières considérables ? Quelle est la nature des conflits qui continuent
d’embraser le Nord-Est d’un pays regroupant 67 millions d’habitants et plus de
300 groupes ethniques ? Est-on en face d’un problème insoluble ? La
dimension ethnique est la plus fréquemment, la plus systématiquement évoquée. Pourtant,
il convient d’aller au-delà des apparences. Tant d’intérêts sont en jeu, tant de
dimensions socio-économiques ! Réduire les conflits aux facteurs ethniques
conduit à en ignorer d’autres tout aussi déterminants. Pour tenter de rétablir
la stabilité dans la région et dans l’ensemble de la RDC, il importe donc de ne
pas s’arrêter à un diagnostique trop simpliste.
| « La
dimension ethnique est la plus fréquemment, la plus systématiquement évoquée. Pourtant,
il convient d’aller au-delà des apparences. Tant d’intérêts sont en jeu... » |
|
En décembre 2008, Kinshasa et Kigali s’engageaient
mutuellement, non seulement à ne plus soutenir les rebelles hutus rwandais du
FDLR (Les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) et leurs
adversaires du CNDP (Le Congrès national pour la défense du peuple), mais à
collaborer afin de mettre un terme aux luttes entre les bandes armées qui
mettent le Nord-Est du Congo à feu et à sang. Malgré cela, les populations du
Nord-Kivu et du Sud-Kivu continuent d’être victimes des raids vengeurs des
milices hutus des FDLR et des bandes armées adverses mais aussi des attaques
d’anciens bataillons de l’armée de libération du seigneur venues de l’Ouganda ou
du Soudan ou encore des dérapages de l’armée congolaise. Villages brûlés, viols
et pillages ont fait fuir plus de 450.000 personnes, selon les estimations de
l’ONU. Héritage colonial de la manipulation ethnique Avant d’entrer
dans le vif du sujet, il nous faudrait au minimum avoir une idée
approximative de ce que nous entendons
par ethnie . Le mot a toujours eu une connotation
coloniale. Dans Ethnies et espaces :
pour une anthropologie topologique , Jean-Loup Amselle avance que l’usage
colonial fut une façon de classer à part les sociétés d’Afrique, d’Océanie et
d’Amérique en ne reconnaissant aucune caractéristique spécifique. En d’autres
mots, il s’agit de présenter ces sociétés comme n’ayant pas d’histoire et/ou
n’ayant pas contribué au patrimoine culturel humain. Pour Jean-Loup Amselle: L’Afrique est considérée comme le continent des ethnies. C’est une
perspective très ancienne, qui remonte à Kant et Hegel, et au sein de laquelle
l’Afrique est perçue comme un continent a-historique. Cette vision s’est
perpétuée dans le temps. C’est une conception proprement coloniale, visant à
détacher l’Afrique subsaharienne du Maghreb. Le découpage ethnique a été opéré principalement
par les officiers, les administrateurs coloniaux et les ethnologues. Une
cartographie a pu être dressée avec plus de 700 ethnies et autant de langues,
de cultures.
La colonisation,
qui était en essence une entreprise économique, a toujours eu comme priorité de
mettre en place des structures optimisant l’exploitation économique. Comme
ailleurs en Afrique, le régime colonial belge s’est appuyé, pour fonder son
pouvoir, sur la division ethnique. Lorsqu’il s’effondre en 1960, aucune élite
politique ou administrative n’a été préparée à assumer la transition. Parmi les
centaines de partis politiques créés dans les années 50, la plupart sont
d’obédience ethnique. Patrice Lumumba et son Mouvement national congolais sont
l’exception. Au Rwanda et au Burundi, la Belgique a fait fi du patrimoine
socio-culturel commun en exploitant arbitrairement l’ethnicité du peuple. L’exploitation
des populations rwandaises pendant le siècle passé a poussé des milliers de Rwandais
à se réfugier au Congo, en Ouganda et ailleurs. Au lendemain de
l’indépendance, les conflits ethniques se sont exacerbés partout au Congo,
comme un produit dérivé de l’exploitation économique. La Belgique, à travers
ses entreprises minières, y parrainait deux
états sécessionnistes: le Sud Kasai et le Katanga. Formés par des
conseillers belges, les chefs tribaux du Katanga et du Sud-Kasai, provinces ayant
des gisements minéraux prouvés, optaient carrément pour la sécession. En dépit
des conflits inter et intra-ethniques, la MIBA (Minière de Bakwanga) et l’Union
Minière du Haut Katanga (UMHK) –ancêtre de la Gécamines- n’ont pas vu leurs
productions minières diminuer. Dans La
Cité du 25 novembre 1961, Herman Robiliart, directeur de l’Union Minière du
Haut Katanga rejetait les accusations selon lesquelles son entreprise s‘était
« engagée dans des aventures
militaires » et « été
responsable de la fomentation de dissensions au Congo ». Mr Robiliart déclarait
simplement que : « la politique
de l’Union Minière est de produire du cuivre et du cobalt et d’autres métaux
indispensables au monde libre… ».
| « Au lendemain de
l’indépendance, les conflits ethniques se sont exacerbés partout au Congo,
comme un produit dérivé de l’exploitation économique. » |
|

Aujourd’hui, la paix
est revenue dans la plus grande partie du Congo. Une portion très limitée des
territoires de l’Ouest et du Sud restent occupés par des troupes étrangères ou
aux mains de seigneurs de guerre ; ces régions sont revenues sous le
contrôle de Kinshasa. Pourquoi donc les conflits ne cessent-ils pas à
l’Est ? La « dimension ethnique » est-elle la raison ? L’argument de l´ethnicité
est utilisé pour déguiser des mobiles purement politiques selon l’opinion partagée
par Ngalasso Mwatha Musanji, professeur de sociolinguistique à
l’université de Bordeaux, qui a enseigné à l’université de Lubumbashi jusqu’au
début des années 80, et par le politologue Arsène Mwaka de l’université de
Kinshasa. L’instrumentalisation
de l’ethnicité fait partie des pratiques héritées de l’état colonial belge. Cette
idée est bien illustrée par le premier conflit armé opposant les Banyarwanda
(Hutu et Tutsi) aux autres ethnies (Nande, Nyanga et Hunde) qui éclata au
Nord-Kivu en juillet 1963. Les premiers s’opposant à une tentative de sécession
de la part du gouvernement provincial, se trouvèrent dans la ligne de mire des
seconds. Ce conflit, qui était à l’origine foncier, a pris une coloration
ethnique avant de se transformer en conflit politique. Comme le souligne
Etienne Rusamira dans La dynamique des
conflits ethniques au Nord-Kivu , c’est ainsi, en prennant soin d’assimiler leur mouvement à la révolte des
‘mulélistes’ (partisans de Pierre Mulele, fidèle à la mémoire et à la ligne de
Patrice Lumumba après la mort de ce dernier), Paluku (le gouverneur provincial)
a pu ainsi obtenir un appui politique et militaire du pouvoir central congolais
dans sa répression contre les Tutsi.
« Il y a une
revendication ethnique dans les attaques vengeresses des Hutus rwandais du FDLR
sur des populations tutsies du Kivu, mais leur objectif, la reconquête du
pouvoir au Rwanda voisin, est politique. Les conflits menés par des bandes
armées n’ont aucune base populaire, ils ne sont pas appuyés par les chefs
coutumiers » souligne le professeur Ngalasso. Mais est-il possible de
mener une guerre pendant des années, même à faible intensité, sans moyens
financiers ? La dimension économique Ce n’est point
par hasard que les foyers des conflits ethniques regorgent souvent des
ressources minières. Le New York Times (12 décembre 1961) mentionne
la présence des « Affreux »,
mercenaires français à la solde du gouvernement sécessionniste du
Katanga. Ces vétérans des guerres d’Indochine et d’Algérie, connus pour avoir
participé aux massacres inter-ethniques au Katanga, ne combattaient pas pour
l’émancipation et l’indépendance des Katangais. Il fallait des moyens
financiers considérables pour payer ces soldats de fortune. Dans son édition du
6 décembre 1961, Le Monde mentionne un
versement de 50 millions de dollars de l’UMHK au gouvernement sécessionniste du
Katanga. Mais, quand cette source s’est tarie, Moise Tshombe, le chef du
gouvernement sécessionniste katangais, déclara : « Je
sais que l’Union Minière m’a abandonné et qu’elle joue maintenant la carte du
gouvernement central ». Et c’était la fin de l’aventure sécessionniste
au Katanga.
| « Ce n’est point
par hasard que les foyers des conflits ethniques regorgent souvent des
ressources minières.» |
|
Aujourd’hui, la
même logique semble être à l’œuvre. Selon les ONG locales, le trafic des
produits miniers subventionne les conflits armés, qu’ils soient politiques ou
ethniques, en permettant aux belligérants de se procurer des armes. Le 17 Novembre
2009, Dino Mahtani, un fonctionnaire de l’ONU, a déclaré à la BBC que les
groupes rebelles de l’est du Congo trafiquaient annuellement environs 40 tonnes
d’or. Évidemment, cet or quitte la RDC clandestinement et constitue un manque à
gagner considérable pour l’état congolais. M. Mahtani a avancé qu’il existait
un réseau complexe constitué d’individus et de petites entreprises facilitant
le transit du métal précieux par un pays voisin avant d’atteindre Dubai.
Aux frontières
nord de l’Ouganda et du Soudan, la dense forêt congolaise abrite des restes d’unités
armées hétéroclites et désœuvrées, lesquelles assurent leur survie par les
raids et le pillage. D’après des témoignages d’ONG et de l’ONU, les recrues de
ces troupes irrégulières sont en grande majorité de jeunes hommes désœuvrés.
Loin d’être animés par une ferveur communautaire, ils rejoignent les hordes
armées parce qu’ils n’ont ni travail, ni soutien familial et aucunes perspectives
d’avenir. . Selon la
définition donnée à la communauté ethnique, la RDC Congo regroupe de 200 à 400
« ethnies ». Deux seulement sont impliqués dans des conflits armés de
longue durée au Kivu, constate le professeur Ngalasso. Ce qui n’empêche pas la
résurgence épisodique de conflits, liés le plus souvent à l’accès à la terre ou
aux ressources, ailleurs dans le pays. En canalisant des
ambitions économiques, la dimension ethnique semble avoir joué un rôle
significatif dans le renversement du Président Mobutu, l’homme fort du Zaïre pendant
32 ans Si un de ses multiples opposants, Laurent-Désiré Kabila, parvint à
s’emparer du pouvoir en 1997, c’est qu’il était contrôlé par une alliance
étrangère comprenant l’Ouganda, le Burundi et le Rwanda, tous alliés des États-Unis.
Les Banyarwanda qui, en 1981, furent illégalement privés de leur nationalité
congolaise (zairoise à l’époque), constituaient le fer de lance de cette
alliance. Pour l’Ouganda, le Burundi et
l’Angola – qui joignirent les rangs pendant la phase finale - la dimension
ethnique semble avoir cristallisé des objectifs tant politiques qu’économiques.
Lorsque, par la suite, le père du Président actuel, tenta de limiter
l’influence des soldats rwandais dans l’armée nationale, il se heurta aux
ambitions de contrôle de ses anciens alliés. Le régime de Laurent-Désiré Kabila
fut sauvé in extremis par le Zimbabwe en échange de dividendes
économiques. Les voisins du
Congo exportent leurs guerres. Dans les années 1990, presque tous les pays de l’Afrique
de l’Est sont victimes de conflits armés; qu’ils ont pu exporter d’autant plus
facilement sur le territoire congolais que l’Etat en avait perdu le contrôle. Jusqu’à
la prise de pouvoir par le Mouvement national de la résistance de Yoweri
Museveni, l’Ouganda était en crise. En décembre 2004, le Rwanda décrèta le « droit »
d’ingérence militaire afin de poursuivre en territoire congolais les
responsables du génocide de 1994. Au sud de la RDC, l’Angola était également en
guerre civile jusqu’à la mort de l’opposant rebelle Jonas Savimbi en 2002. Tous
ces pays s’ingérèrent dans les affaires congolaises. Leurs armées régulières ou
leurs rebellions occupèrent durant des années des portions du pays. À ses interventions militaires étrangères s’ajoutent
les rebellions locales de nombreux seigneurs de guerre, essentiellement dans
l’Est, devenu un « no man’s land » ou encore le territoire de tous et
de chacun. Ces hommes forts qui détiennent le contrôle de microrégions économiquement
stratégiques, sont courtisés par de grandes compagnies étrangères nord-américaines,
européennes, chinoises ou africaines, ces dernières les aidant à conserver le
pouvoir. « Certaines puissances extérieures, institutionnelles ou
privées, ont intérêt à ce que la paix ne revienne pas complètement pour que les
richesses continuent d’échapper au contrôle de l’Etat et qu’elles en conservent
l’exploitation» explique Ngalassso. Le Nord Est du Congo et sa population
seraient-ils encore les otages d’un des plus longs (15 ans) et plus sanglants
conflits d’Afrique (4 millions de morts dans l’ensemble du pays, selon des
estimations de l’ONU) si, comme en Irak, de puissants intérêts économiques ne
s’y concentraient ?
| « Ces hommes forts qui détiennent le contrôle de microrégions économiquement
stratégiques, sont courtisés par de grandes compagnies étrangères nord-américaines,
européennes, chinoises ou africaines, ces dernières les aidant à conserver le
pouvoir. » |
|
Cependant,
continue le professeur Ngalasso, les conflits résiduels entre les mouvements
rebelles peuvent prendre la forme de luttes ethniques. On justifie le pillage
et les viols par la vengeance ethnique alors que l’enjeu réel est politique. Si
elle n’explique pas les conflits, la question ethnique structure-t-elle les
enjeux politiques ? « Sur les plusieurs centaines d’ethnies, aucune
ne peut prétendre à la suprématie politique ou économique » constate
Ngalasso. Marqueur identitaire 
Sans une identité
nationale forte, la dimension ethnique peut servir comme moyen d’identification
et faciliter la mobilité sociale. « L’appartenance à un groupe continue de
définir le positionnement social, l’accès à des réseaux, des fonctions, des
ressources mais c’est en concurrence avec d’autres grands marqueurs
identitaires : la région, les langues de référence. Les habitants des
grandes villes sont souvent d’origines mixtes», commente Walter Schicho,
professeur d’histoire contemporaine et de développement international à
l’université de Vienne. Pendant les 32
ans de règle de fer mobutiste, les chefs de clans ethniques ont été contraints
d’adopter un profil bas. Le chercheur Elikia M’Bokolo, de l’Ecole des Hautes
Etudes en Sciences Sociales de Paris, estime que cette répression, au lieu de
l’étouffer, a encouragé l’expression d’une opposition politique fondée sur
l’ethnicité. Le réveil du pouvoir de Kinshasa au début du nouveau siècle -
alors que le territoire congolais se trouvait en grande partie sous le contrôle
d’armées étrangères, ougandaise au nord, rwandaise à l’est - a ravivé la
structuration du pouvoir local sur le critère ethnique. Avec la reconquête
graduelle du contrôle du territoire par l’armée congolaise à partir de 2003 et
le renforcement du pouvoir politique de Kinshasa depuis les élections de 2006,
la dimension ethnique perd à nouveau de son importance. « Les luttes auxquelles
on assiste visent à la conquête du pouvoir central, cela prouve que l’unité est
déjà assez bien établie » conclut Ngalasso.
| « Avec la reconquête
graduelle du contrôle du territoire par l’armée congolaise à partir de 2003 et
le renforcement du pouvoir politique de Kinshasa depuis les élections de 2006,
la dimension ethnique perd à nouveau de son importance. » |
|
Un autre exemple de
division nationale pourrait être le clivage entre l’Ouest et l’Est du pays,
séparant les «lingalaphones » des « swahiliphones ». On cite souvent comme preuve
l’affrontement électoral de 2006, lorsque le candidat de l’opposition
Jean-Pierre Bemba a recueilli la majorité dans l’Ouest tandis que l’Est a plus voté
pour Joseph Kabila. « Ce clivage régional doit être relativisé lui
aussi » estime Ngalasso. Peut-on alors conclure
à l’existence d’une nation congolaise 49 ans après l’indépendance? « Il faut se
garder de confondre Etat et nation, appartenance politique et sentiment communautaire »
met en garde le professeur Ngalasso. « Si l’on définit la nation par le
sentiment d’appartenance à une communauté culturelle, alors le Congo n’est pas
une nation, mais un conglomérat de nations. Il n’en est pas moins une entité politique
fédératrice pour les populations regroupées sur son territoire. L’important est
qu’il y ait une convergence de volontés pour construire l’Etat».
Le politologue
Arsène Mwaka est plus confiant encore. La reconnaissance de l’Etat
progresse ; le retrait de l’occupation étrangère, la pacification de la
plus grande partie du territoire et le retour à un climat politique plus serein
depuis les élections pluralistes de 2006 y contribuent. Le pullulement des ONG
nationales traduit un nouvel engagement civique. « L’important
est de garantir la sécurité de tous sur le territoire, c’est ce qui permettra
de renforcer le sentiment d’appartenance nationale » conclut Arsène Mwaka.
La sécurité et un revenu économique sont vitaux; car la défaillance des
structures économiques, contrastant avec les immenses ressources naturelles,
est l’autre maillon faible de cet État toujours en devenir. La richesse de la diversité ethnique Même si elles
relèvent en partie de l’imaginaire et de l’arbitraire, les classifications
ethniques peuvent avoir des conséquences bien réelles. On se souvient du
conflit opposant l’African National Congress à Inkatha en Afrique du Sud dans
les années 90. Ce conflit était souvent décrit comme un conflit inter-ethnique.
Heureusement, Nelson Mandela a su désamorcer la crise qui s’annonçait après l’élection
en confiant le ministère des affaires intérieures à Gatsha Buthelezi. Cette
réponse à caractère ethnique était nécessaire à défaut d’une citoyenneté
nationale effective.
| « Même si elles
relèvent en partie de l’imaginaire et de l’arbitraire, les classifications
ethniques peuvent avoir des conséquences bien réelles. » |
|

Comme son prédécesseur,
l’état colonial belge, l’état zairois
(congolais), sans en anticiper les conséquences, a plus d’une fois instrumentalisé
la dimension ethnique. Cette pratique a été responsable aussi bien des conflits
intra-ethniques entre les Lubas du Kasai et les Lubas du Katanga que des
conflits inter-ethniques entre les Banyarwanda et d’autres ethnies du Kivu.
Ainsi, l’état a failli à son premier devoir de garantir la paix et la sécurité
à ses citoyens. La citoyenneté sous-entend autant l’appartenance que l’accès effectif
à tous les droits, avantages et privilèges découlant du fait d’être citoyen
d’un pays. Selon Amin
Maalouf dans Identités Meurtrières , « l’identité
n’est pas donnée une fois pour toutes, elle se construit et se transforme tout
au long de l’existence ». Il ajoute que « c’est notre regard qui
enferme souvent les autres dans leurs plus étroites appartenances, et c’est
notre regard aussi qui peut les libérer »
| « La nation
congolaise est bien vivante et en bonne santé. Dans les grandes villes du Congo, l’absence de conflit ethnique,
combinée avec les innovations culturelles l’illustrent bien. » |
|
La nation
congolaise est bien vivante et en bonne santé. Dans les grandes villes du Congo, l’absence de conflit ethnique,
combinée avec les innovations culturelles l’illustrent bien. Il existe bel et
bien un patrimoine socio-culturel congolais. C’est ce passé commun (aussi bref et
tumultueux qu’il soit), et ces faits culturels et politiques qui nourrissent la
vitalité et la viabilité de la nation congolaise aujourd’hui et pour le futur.
THE ETHNIC QUESTION IN THE DRC CRISIS
by Laura Enz, with Mik Missakabo 
Last June, the Congo celebrated 49 years of independence.
Symbolically, President Joseph Kabila chose to celebrate this anniversary in
Goma, the capital of North-Kivu and, along with South-Kivu, the last remaining
bastion of national territory still to be brought under state control. Elsewhere
in the country conflict has largely ceased.
What has been the nature of such conflicts in this country of 67 million
inhabitants, consisting of more than 300 ethnic groups? Are they tribal quarrels, international
confrontations, or struggles for the control of the considerable mineral
resources? Are they an insoluble problem? At first glance, the ethnic character
of the conflicts is obvious. However it is good to be wary of appearances. Conflicts with so many dimensions cannot be simple. The most recent explanations
of the conflict are characterised by fallacious and excessive simplifications
which tend to neglect or ignore other determining factors. Yet at stake is the impact which this problem
and its resolution can have on the future of the region as well as of the DRC.
| "At first glance, the ethnic character
of the conflicts is obvious. However it is good to be wary of appearances. Conflicts with so many dimensions cannot be simple." |
|
In December 2008, Kinshasa and Kigali entered into a mutual agreement
not only to stop supporting the Rwandan Hutu rebels of the FDLR (Democratic Forces for the Liberation of Rwanda) and
their CNDP (National Congress
for the Defence of the People)
adversaries, but to collaborate to bring an end to the struggles between the
armed militias terrorising the north-east of the Congo. Despite this, the
people of North and South Kivu continue to be tormented by the vicious raids of
Hutu FDLR militias and their armed opponents, by the attacks of former
battalions of the Lord’s Resistance Army originating in Uganda or the Sudan, or by the excesses of the Congolese army. Burned
villages, rapes, and looting have made more than 450,000 people flee from their
homes, according to UN estimates. The picture is obviously very complex: the
conflict seems to be more than ethnic. The
colonial heritage of ethnic manipulation Before gettting to the heart of the matter we should have at least an
approximate idea of what we mean by ethnicity. The word always has a colonial
connotation. In "Ethnies et espaces: pour une anthropologie topologique,"
Jean-Loup Amselle claims that the colonial usage was a way of classifying
African, Pacific and American societies as a whole by not recognizing any
specific characteristics. In other words, it presents these societies as being
without history and/or as having made no contribution to the human cultural
inheritance. For Jean-Loup Amselle:
Africa is considered as the ethnic continent. It is a
very old perspective, which dates from Kant and Hegel, and at the heart of
which Africa is perceived as an a-historical continent. At
one time this view was the view. It is a truly colonial concept, aiming to
detach sub-Saharan Africa from the Maghreb. This
ethnic severance was carried out principally by colonial officials and
administrators and by ethnologists. The
continent could have been mapped with more than 700 ethnic groups and as many
languages and cultures.
Colonialism, which was essentially an economic affair, always had as its
first priority setting up structures which would optimize economic
exploitation. As elsewhere in Africa, the
Belgian colonial regime based its power on ethnic division. When it collapsed
in 1960, no political or administrative elite had been prepared to take over
the transition. Of the hundreds of political parties created during the 1950s,
most were founded on ethnic ties. Patrice Lumumba and his National Congolese
Movement were the exception. In Rwanda and Burundi, Belgium made a mockery of a common socio-cultural
inheritance by arbitrarily exploiting the ethnicity of the people. The
exploitation of Rwandans over the past century has led to thousands of them
fleeing to the Congo, Uganda, and elsewhere. In the wake of independence, ethnic conflicts became more severe throughout
the Congo as a by-product of economic exploitation. Belgium, through its mining companies, promoted two secessionist
states: South Kasai and Katanga. Trained by Belgian advisors, the tribal
chiefs of Katanga and South Kasai,
provinces with proven mineral deposits, were all out for secession. Despite the
inter- and intra-ethnic conflicts, Bakwanda Mines (MIBA) and the Mining Union
of Haut Katanga (UMHK) —the predecessor of Gécamines—saw no diminishing of their
mining production. In the journal La Cité
(November 25, 1961), Herman Robiliart, director of the UMHK, rejected
accusations that his company was "engaged in military operations"
and "was responsible for fomenting dissension in the Congo." Mr. Robiliart simply declared that "the
Mining Union’s mission is to produce copper and cobalt and other essential
metals for the free world..."
| "In the wake of independence, ethnic conflicts became more severe throughout
the Congo as a by-product of economic exploitation." |
|

Today, however, in the majority of the Congo peace has been restored, if not prosperity. Very
little of the west and the south is still occupied by foreign troops or in the
hands of warlords; these areas are back under Kinshasa’s control. Why then has conflict not ended in
the east? Is the "ethnic dimension" the reason? That ethnicity is a tool used to disguise purely political motives is
the view held by Musanji Ngalasso-Mwatha, professor of socio-linguistics at Bordeaux University,
who taught at Lubumbashi University
until the beginning of the 1980s, and by the political analyst Arsène Mwaka Bwenge of Kinshasa University. The manipulation of ethnicity is part of the practices inherited from
the Belgian colonial state. A convincing illustration is the first armed
conflict between the Banyarwanda (Hutu and Tutsi) and other ethnic groups
(Nande, Nyanga, and Hunde) which broke out in North Kivu in July 1963. The former, opposing an
attempted secession by the provincial government, found themselves the targets
of the latter. This conflict, which originated in a land dispute, took on
ethnic colouring before transforming itself into a political conflict. As Étienne
Rusamira emphasizes in "The Dynamic of Ethnic Conflicts in North Kivu,
taking care to assimilate their movement to
the rebellion of the "mulélistes," (followers of Pierre Mulele,
faithful to the memory and the policies of Patrice Lumumba after his death),
Paluku (the provincial governor) was thus able to obtain political and military
support from the central Congolese government in its repression of the Tutsi.
"There is ethnic revenge in the vicious Rwandan Hutu FDLR attacks on the
Tutsi population of Kivu, but their goal—the recovery of power in neighbouring Rwanda—is political. The conflict conducted by the
armed militias has no popular base; they are not supported by the traditional
chiefs," stresses Professor Ngalasso. But is it possible to carry on a war
for years—even if the fighting is not intense—without financial backing? The economic dimension It is no accident that the centres of ethnic conflict so often break out
over mining resources. The New York Times
(December 12, 1961) mentions the presence of "les affreux" (the Terrible
Ones), French mercenaries in the pay of the Katangan secessionist government.
These veterans of wars in Indochina and Algeria, and known to have participated in
inter-ethnic massacres in Katanga, were not fighting for the emancipation and
independence of Katangans. Considerable money was needed to pay these soldiers
of fortune. In its edition of December 6, 1961, Le Monde mentions a payment of $50m by the UMHK to the secessionist
government of Katanga. But, when this source dried up, Moise Tshombe, the head of the
Katangan secessionist government, declared, "I know that the Mining Union
has abandoned me and that it is now playing the central government’s game."
And that was the end of the secessionist venture in Katanga.
| "It is no accident that the centres of ethnic conflict so often break out
over mining resources... trafficking in mining products is subsidizing armed conflict, whether political
or ethnic, by allowing the warring parties to procure arms." |
|
Today, the same logic seems to be at work. According to local NGOs,
trafficking in mining products is subsidizing armed conflict, whether political
or ethnic, by allowing the warring parties to procure arms. On November 17,
2009, Dino Mahtani, a UN official, told the BBC that rebel groups in the east
of the Congo were smuggling out around 40 tonnes of gold a year. Obviously this gold
leaves the DRC secretly and constitutes a considerable loss for the Congolese
state. Mr. Mahtani alleged there was a complex network made up of individuals
and small businesses facilitating the passage of precious metals through a
neighbouring country to its Dubai destination. On the northern frontiers with Uganda and the Sudan, the dense Congolese forests shelter the
leaderless rag-tag remnants of armies, who ensure their survival by raids and
looting. According to information supplied by NGOs and the UN, the recruits to
these irregular troops are in large majority young men without purpose. Far
from being energised by community concerns, they have taken up with the
militias because they have no jobs, no supporting families, no future. Depending on the definition of ethnic community used, the DR Congo
contains from 200 to 400 "ethnicities." Only two are structurally
involved in long-term armed conflict in Kivu, claims Professor Ngalasso. But this does not prevent conflicts breaking
out from time to time in the rest of the country, most often linked to access
to land or resources. By channeling economic ambitions, the ethnic dimension seems to have
played a significant role in the overthrow of President Mobutu, the strong man
of Zaire for 32 years. If one of his many opponents,
Laurent-Désiré Kabila, gained power in 1997, it was because he was controlled
by a foreign alliance comprised of Uganda, Burundi and Rwanda, all allies of the United States. The Banyarwanda, who in 1981 were illegally
stripped of their Congolese nationality (Zairean as it then was), spearheaded
this alliance. For Uganda,
Burundi, and Angola—who came in during the final phase of the game—the
ethnic dimension seems to have crystallized objectives which were as much
political as economic. When later the father of the current president tried to
limit the influence of Rwandan soldiers in the national army, he clashed with
his former allies' ambitions for control. Laurent-Désiré Kabila’s regime was
saved at the last minute by Zimbabwe in exchange for economic benefits. The Congo’s neighbours export their wars. In the 1990s, almost all the countries
in the east of Africa were victimized by armed conflict, which they could
easily export into Congolese territory since the state had lost control. Until
the takeover of power by Yoweri Museveni’s National Resistance Movement, Uganda was in crisis. In December 2004, Rwanda decreed the "right" to military intervention,
pursuing those responsible for the 1994 genocide into Congolese territory. To
the south of the DRC, Angola was also in a state of civil war until the
death of the rebel leader Jonas Savimbi in 2002. All these countries interfered
in Congolese affairs. Their regular armies or their rebels have occupied parts
of the country for years. To these foreign military interventions must be added the local
rebellions of numerous warlords, essentially in the east, which has become a no
man’s land or everyone’s land. These strong men, who control economically
strategic micro-regions, are courted by large foreign companies from North
America, Europe, China,
and Africa, who help them stay in control. "Some
foreign powers, institutions or private companies, have an advantage if peace is
not completely restored, so that resources continue to be beyond the control of
the state and they can have the management of them," explains Ngalasso.
Would the North East Congo and its people still be hostages of one of the
longest and most bloody conflicts in Africa (15 years, and 4 million dead by
the UN’s calculations), if, as in Iraq, powerful economic interests were not
concentrated there?
| "These strong men, who control economically
strategic micro-regions, are courted by large foreign companies from North
America, Europe, China,
and Africa, who help them stay in control." |
|
However, Professor Ngalasso continues, residual conflicts among the
rebel movements can take the form of ethnic struggles. Looting and rape will be
justified as ethnic vengeance, when the actual stakes are political. If it does
not explain the conflict, does the ethnic question give a structure to
political goals? "Of the several hundred ethnic groups, no one can lay
claim to political or economic supremacy," states Ngalasso. Marks of identity 
With no strong national identity, the ethnic dimension can serve as a means
of identification for social mobility. "Membership of a group continues to
define social position, access to networks, functions, and resources, but these
compete with other major symbols of identity: the region, the language used.
The inhabitants of large towns are often of mixed origin," comments Walter
Schicho, professor of contemporary history and international development at the
University of Vienna. In the 32 years of Mobutist iron rule, the chiefs of ethnic clans were
forced to keep a low profile. The researcher Elikia M’Bokolo from the Paris
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales thinks that this repression,
rather than stifling, actually encouraged the expression of political
opposition based on ethnicity. The
weakening of Kinshasa’s power at the beginning of the new century—while
Congolese territory was largely in the control of foreign armies, Ugandans in
the north, Rwandans in the east—caused a revival of local power structures with
ethnic criteria. With the gradual retaking of control of the territory by the Congolese
army from 2003 and the reinforcement of Kinshasa’s political power after the elections of 2006,
the ethnic dimension is again losing its importance. "The struggles we are
seeing now aim to take over central power, thus proving that unity is already
well established," concludes Ngalasso.
| "With the gradual retaking of control of the territory by the Congolese
army from 2003 and the reinforcement of Kinshasa’s political power after the elections of 2006,
the ethnic dimension is again losing its importance." |
|
Another example of national division could be the division between the west
and the east of the country, separating the "Lingalaphones" from the "Swahiliphones."
As proof, the electoral confrontation in 2006 is often cited, when the
opposition candidate Jean-Pierre Bemba received a majority in the west, while
the east voted more for Joseph Kabila. "This regional division must also
be put into context," comments Ngalasso. Can we then conclude that there is a Congolese nation 49 years after
independence? "We must be careful not to confuse the state and the nation,
political membership and community solidarity," Professor Ngalasso warns. "If
we define the nation by the feeling of belonging to a cultural community, then
the Congo is not a nation, but a conglomeration of
nations. It is nonetheless a federal political entity for the groups of
people in its territory. The important thing is that there should be a
convergence of wills to construct the State."
The political analyst Arsène Mwaka Bwenge is still more confident. The recognition of the State is progressing;
the retreat of foreign occupation, the pacification of the largest part of the
territory, and the return to a calmer political climate since the pluralist
elections in 2006 are contributing. The
multitude of national NGOs are expressions of a new civic engagement. "The important thing is to guarantee security throughout the
country; that is what allows people to have a feeling of national belonging,"
concludes Arsène Mwaka Bwenge. Security and economic revenue are crucial,
for the failure of economic institutions, contrasting with the immensity of
natural resources, is the other weakness of this ever-potential state. The wealth of ethnic diversity Although they have an imaginary and arbitrary side, ethnic
classifications can have very real consequences. We remember the conflict which
set the African National Congress against Inkatha in the 1990s. This conflict
was often described as an inter-ethnic conflict. Fortunately Nelson Mandela’s
wisdom was able to defuse the crisis which erupted after the election by giving
the Ministry of Home Affairs to Gatsha Buthelezi. This ethnic response was
necessary given the lack of an effective national identity.
| "Although they have an imaginary and arbitrary side, ethnic
classifications can have very real consequences." |
|

Like its predecessor, the Belgian colonial state, the state of Zaire (Congo), without anticipating the consequences, more
than once made use of the ethnic dimension. This practice was responsible as
much for the intra-ethnic conflict between the Luba of Kasai and the Luba of
Katanga as for the inter-ethnic conflict between the Banyarwanda and other Kivu
ethnic groups. Thus the state failed in its first duty to guarantee the peace
and security of its citizens. Citizenship implies belonging as well as effective
access to all rights, advantages, and privileges arising from the fact of citizenship
in a country. According to Amin Maalouf in In
the Name of Identity: Violence and the Need to Belong , "identity is
not given once and for all; it is for ever reconstructing and transforming
itself." He adds, "it is the way we regard people that often
imprisons them in the narrowest definitions of belonging, and it is the way
that we regard them that can also free them."
| "The Congolese nation is alive and well. In the big cities of the Congo, the absence of ethnic conflict combined with
cultural innovation clearly illustrates this." |
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The Congolese nation is alive and well. In the big cities of the Congo, the absence of ethnic conflict combined with
cultural innovation clearly illustrates this. A Congolese socio-cultural
heritage exists, no doubt about it. This is the common past (however short and
stormy), the cultural and political acts which sustain the vitality and the
viability of the Congolese nation now and for the future.
Bibliography: Amselle, Jean-Loup. "Ethnies et espaces:
pour une anthropologie topologique" , in Au cœur de l'ethnie, Ethnie,
tribalisme et Etat en Afrique . Paris: La Découverte & Syros, 1999, pp. 11-48.
BBC.
"Congo gold
'still funding' rebels" . 17 November 2009. <http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/8362524.stm>. Bwenge, Arsène Mwaka. La nationalité en
R.D.Congo: tremplin, sanction ou gratification? Kinshasa: Centre d’études
politiques (CEP), 2003.
Maalouf,
Amin. In the Name of Identity: Violence and the Need to Belong . Trans.
by Barbara Bray. New York: Arcade
Publishing, 2000. Rusamira, Étienne. "La
dynamique des conflits ethniques au Nord-Kivu: une réflexion prospective" ,
Afrique contemporaine , n° spécial
automne 2003.

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LE RÔLE DE LA RDC DANS LA RENAISSANCE AFRICAINE |
by Mik Missakabo
(For the English version, click on "The Role of the DRC in the African Renaissance".)

Shoprite, la plus grande chaîne de
supermarchés sud-africains vient d’annoncer son expansion en République
démocratique du Congo. À très court terme, cette percée stratégique débutera par
l’ouverture de deux grandes surfaces à Kinshasa ainsi qu’à Lubumbashi. Ces deux
grandes villes représentent une aubaine pour l’épicier sud-africain : plus de
12 millions de consommateurs. Whitey Basson, le PDG de Shoprite souligne que cette
opération s’étendra à d’autres villes de la RDC, ce qu’il considère comme prometteur.
Ce qui est intéressant dans cette nouvelle,
c’est que ce projet se fait en dépit de la situation socio-économique et
humanitaire ( la RDC se trouve en 171e position –sur 180 pays- au classement de
Transparency International de l’année 2008). De prime abord, les facteurs motivant
cette approche peu orthodoxe en apparence ne sont pas clairs. Cependant, en les
examinant de plus près dans un cadre et une vision plus larges, ces facteurs peuvent
justifier voire même imposer le choix de ce pays pour relever l’échine de
l’Afrique. Une RDC en déliquescence peut avoir des effets dévastateurs pour la
région pour la stabilité tant politique que socio-économique du continent, mais
heureusement, la RDC a aussi le potentiel d’être une pièce maîtresse de la
renaissance africaine. Les raisons en sont multiples, incluant ses ressources humaines,
ses ressources naturelles abondantes, la situation géopolitique, etc.
| "Une RDC en déliquescence peut avoir des effets dévastateurs pour la
région... mais
heureusement, la RDC a aussi le potentiel d’être une pièce maîtresse de la
renaissance africaine." |
|
Bien des analyses ont été faites sans
toutefois apporter de solutions viables et durables à la situation de crise
quasi-permanente affectant une grande partie du continent africain. A travers
une série d’articles, nous nous proposons d’apporter une clarification à la
crise accompagnée d’une tentative de remettre ces cause en perspective. Pour
éviter que cet exercice ne soit bancal, il sera émaillé de quelques
prescriptions, qui ne découleront pas d’une idéologie mais plutôt d’une analyse
critique des facteurs déterminants.
Où
sommes-nous?
Comme chaque année depuis 1980, l’ONU, à
travers le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), vient de
publier le palmarès du bien-être par pays. Ce classement, publié depuis 1980, est
basé sur son indice du développement humain (IDH). Cet indice évalue différents
critères de développement allant de l’espérance de vie au produit intérieur
brut par habitant en passant par le degré d’alphabétisation ainsi que le niveau
de scolarisation. La mouture 2009 de ce classement ne nous réserve pas de surprise.
Un pays africain est en dernière position et la RDC est en 176e
position. Comme d’habitude, l’Afrique est surreprésentée au bas de la liste par
des pays qui stagnent ou régressent tant sur le plan du développement
économique que sur celui du développement humain. Cette performance «met à
l’index» la déficience d’une grande partie des états africains.
L’Afrique est souvent synonyme de précarité
ou de fragilité de la situation socio-économique et humanitaire. Les quelques success stories de ces dernières années dépendent exclusivement des cours des matières
premières vers les pays industrialisés. Sous l’impulsion des investissements
chinois et la flambée des prix de matières premières pendant les cinq dernières
années, certains pays africains ont affiché des taux de croissance économique
sensiblement supérieurs à ceux de certains pays industrialisés. Cependant,
cette croissance n’a pas eu d’effet significatif sur la qualité de vie des
populations. En effet, depuis que le dernier chamboulement financier et
économique s’est amorcé, les effets ont été plus dévastateurs en Afrique qu’ailleurs.
Par exemple, selon l’AFP, le ministère de mines de la province du Katanga, en RDC, a dénombré plus
de 300 000 licenciements entre
novembre et décembre 2008. Cette
situation démontre que la viabilité des structures économiques dépend
exclusivement des conditions macro-économiques des pays industrialisés. Il est
évident que cet état de choses rend vulnérables les états exportateurs des
matières premières. Quand la seule source de revenu tarit, on a seulement deux choix :
quémander ou emprunter.
| "La viabilité des structures économiques dépend
exclusivement des conditions macro-économiques des pays industrialisés. Il est
évident que cet état de choses rend vulnérables les états exportateurs des
matières premières." |
|
Comme le dit, sans rire, Francis Fukuyama
dans son article « L’aide étrangère détruit l’Afrique », «les
gouvernements africains, dont beaucoup reçoivent plus de 50% de leurs budgets
nationaux de donateurs internationaux, doivent des comptes non à leurs peuples
mais à divers niveaux d’étrangers, contradictoires et aux intérêts entremêlés».
Plus loin, il ajoute que «les Européens ont mis en place des institutions
coloniales au rabais, cherchant à gouverner de grandes portions de territoires
à l’aide de squelettes d’administrations. L’homme fort de la politique
africaine contemporaine est, sous de nombreux aspects, une création coloniale,
car les Européens ont voulu diriger indirectement en donnant le pouvoir à une
série de dictateurs locaux chargé de mettre leurs programmes à exécution.
Enfin, le colonialisme a imposé un ensemble de frontières irrationnelles aux
colonies». Pour préserver la continuité du système, l’homme fort ne recourt pas
toujours aux critères méritocratiques pour sélectionner les fonctionnaires de
l’état.

Sous le régime de Mobutu, le népotisme et la
règle de « diviser pour régner » furent utilisée énormément,
contribuant sensiblement à une certaine fragmentation sociale en promouvant
implicitement la conscience ethnique. Combinée avec d’autres facteurs, ces
pratiques ont compromis la capacité de l’état de remplir sa mission première:
garantir un état de droit. La Côte d’Ivoire, le Zimbabwe, le Tchad et bien d’autres
pays se trouvent dans le même étau, celui, comme la RDC, d’être riche en
ressources mais pauvre en gouvernance. La république –la chose publique- est pauvre.
Puisqu’elle est pauvre, la république ne saurait assurer la provision des biens
et services à la population. Dans ce contexte, la corruption peut s’expliquer
sans toutefois se justifier. Si l’État est dans l’incapacité d’assurer la
rémunération de ses agents, il n’est pas surprenant que certains d’entre- eux
recourent à des pratiques peu recommandables
pour subvenir aux besoins de base.
Cette situation de crise entraîne aussi un phénomène
de plus en plus courant: la fuite de cerveaux. La détérioration graduelle des
services publics ainsi que les violations généralisées des droits fondamentaux
sous le régime Mobutu ont poussé
beaucoup des cadres nationaux à s’exiler. Entre autres, la forte concentration
de médecins congolais œuvrant en Afrique du Sud témoigne de ce fait. Ce phénomène
n’est pas limité à la RDC. Il est très répandu dans les pays en voie de
développement pour des raisons bien évidentes. Selon différents rapports de
l’ONU, les flux migratoires s’intensifient. Il y a de plus en plus d’intellectuels
(incluant scientifiques et chercheurs) qui quittent leurs pays d’origine et
s’installent à l’étranger pour y trouver de meilleures conditions de vie. Dans
les quelques dernières années, la Somalie a perdu plus que la moitié de ses
intellectuels qui ont quitté pour l’Europe, l’Amérique du Nord ou
l’Australie.
En plus de perdre la crème de la crème, les
pays africains ont souvent du mal à offrir une éducation pertinente à certaines
de leurs populations. L’IDH du PNUD ainsi que divers rapports publiés par les
ONG font état d’un taux d’analphabétisme galopant en Afrique. Et ce sont les filles
qui en sont les plus affectées. En RDC, la constitution du pays exige que les
provinces décrètent la gratuité de l’école primaire. Mais seule la province du
Katanga a fait quelques pas dans cette direction. Parce que conformément à la loi
sur la décentralisation, chaque gouvernement provincial a sa propre politique
en matière d’éducation. Mais puisque l’État ne dispose pas des moyens de faire
appliquer les dispositions constitutionnelles, 180 000 élèves n’ont pas pu
faire la rentrée scolaire dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu.
Diagnostic
La section précédente a essayé d’illustrer
comment un état pensé ailleurs peut,
à la longue, se saborder. Si le pays est riche mais l’état est pauvre, on peut
argumenter que les défis sont d’ordre structurel. Ceux qui ont conçu et mis en
place les structures des états africains ne semblent pas avoir eu comme souci
premier l’état de droit et le bien-être des Africains. V.Y. Mudimbe est connu
surtout pour sa thèse sur l’invention de l’Afrique. Il démontre que l’idée et,
par voie de conséquence, l’image que l’on a de l’Afrique résultent des visées
impérialistes de l’Occident. Mudimbe avance aussi que les discours des
missionaires et anthropologues occidentaux ont inséré des distorsions dans les
représentations des Africains et de l’Afrique tant pour les Africains eux-mêmes
que pour les non-Africains.
| "Si le pays est riche mais l’état est pauvre, on peut
argumenter que les défis sont d’ordre structurel." |
|

Les termes utilisés pour décrire la
situation peuvent avoir des connotations allant bien au delà de l’apparence. Le
mot « corruption », par exemple, est un terme vague mais chargé. Souvent,
il opacifie la situation que l’on cherche à expliquer. L’utilisation de ce
terme jette souvent l’anathème sur le corrompu mais très rarement sur le
corrupteur. Et pourtant, les deux –le corrupteur et le corrompu- bénéficient de
quelqu’avantage indu. Cette attitude se reflète dans la façon dans laquelle des
institutions de référence (donc respectables) - comme la Banque Mondiale, le
parlement du Conseil de l’Europe ou Transparency International - conceptualisent la corruption. Ces institutions
définissent la corruption de façon restreinte: c’est le corrompu qui est dans
la ligne de mire. La dernière crise financière démontre, entre autres, que la
corruption est systémique. Elle est inhérente au système économico-financier
mondial. Étant donné la fréquence ou l’ubiquité de ce phénomène, il nous faut
recalibrer le concept de corruption afin de le réhabiliter. Il n’est plus une
variable mais plutôt un facteur commun. Ainsi son pouvoir explicatif est plus
qu’entamé.
La chronique sur l’Afrique est souvent
nécrologique, un mot qui sous la plume de Stephen Smith dans Négrologie : pourquoi l’Afrique meurt,
devient négrologique . Ainsi, le noir
–par extension le nègre- est l’équivalant de la mort. Il arrive que certaines
analyses pessimistes affichent ouvertement des allures aux relents
imprécatoires et racistes. Ce pessimisme idéologique ne favorise pas
l’attraction des investissements substantiels et crée des prophéties
autoréalisatrices. La notion de prophétie autoréalisatrice a été proposée par Robert K. Merton à partir du théorème
de Thomas selon lequel: « si les hommes considèrent des situations comme
réelles, alors elles les deviennent dans leurs conséquences ».
| "Ainsi, le noir—par extension le nègre—est l’équivalant de la mort... Ce pessimisme idéologique ne favorise pas
l’attraction des investissements substantiels et crée des prophéties
autoréalisatrices." |
|
Certes, le discours de l’Occident a changé.
Nul n’osera ‘vanter’ les bienfaits de l’esclavage. Cependant, le confiteor de
l’Occident est souvent creux et inconséquent. En dépit des promesses et vœux
pieux, la France continue à pérenniser la Françafrique. Dans son livre intitulé
La Françafrique, le plus long scandale de
la République , François-Xavier Verschave décrit la Françafrique comme « une
nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaire, en France et en
Afrique, organisée en réseaux et lobbies ,
et polarisé sur l’accaparement de deux rentes: les matières premières et l’Aide
publique au développement. La logique de cette ponction est d’interdire
l’initiative hors du cercle des initiés. Le système autodégradant se recycle
dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie».
Notons aussi qu’en quarante ans
d’indépendance la RDC, tout comme d’autres pays africains exportateurs de
matières premières, aurait pu gérer plus rationnellement ses richesses. La
manne pétrolière a apporté au Nigeria plus de 300 milliards de dollars en une
trentaine d’année. Mais, tout indique que le citoyen moyen n’en bénéficie pas
encore beaucoup. Cette gestion chaotique des richesses met en évidence un
manque d’une vision globale. Gouverner, c’est prévoir. L’Occident a mis en
place des structures lui permettant d’avoir accès aux matières premières
africaines. En conséquence, en plus de quarante ans d’indépendance, les états
africains n’ont pas pu mettre en place des structures leur assurant des sources
de production alimentaire stables. Dans De
l’inégalité parmi les sociétés, essai sur l’homme et l’environnement dans
l’histoire , Jared Diamond soutient que « la production alimentaire est
un préalable nécessaire mais non suffisant à l’établissement des sociétés
complexes et expansives ». Si l’état ne peut pas assurer la production
alimentaire, la loyauté ainsi que le respect des institutions n’existeront pas.
Dans son livre The Challenge for Africa , Wangari Maathai fustige ce qu’elle
appelle les micro-nations fracturées souffrant d’une certaine dépendance à
l’aide humanitaire. La petitesse de ces nations (ou états) ne réside pas dans
la superficie. Elle se trouve dans l’absence de l’état de droit, la
délégitimation de l’état et la détérioration des services publics. L’Afrique de
micro-états ne fera pas le poids devant l’Union Européenne ou d’autres
organisations supranationales. L’Afrique des micro-états ne pourra que faire de
la figuration en affichant son allégeance à la Francophonie, au Commonwealth ou à l’Occident.
| "L’Afrique de
micro-états ne fera pas le poids devant l’Union Européenne ou d’autres
organisations supranationales." |
|
Récemment, la RDC et l’Angola jouent à un
ping-pong humain lourd de conséquences. Ceci est un exemple de l’incapacité de
ces micro-états d’influencer le cours des événements à plus grande échelle. Sans
ménagement, chacun de ces deux pays rafle et expulse les ressortissants de
l’autre. Les descriptions qu’en font les média donnent des raisons de croire
que ces opérations ne se font pas en vertu des dispositions légales en vigueur.
Ou, pour prendre un autre exemple, les derniers jours du régime Mobutu ont
exposé un « homme fort » coincé dans quelque pacte faustien avec ceux
qu’il a servi et ceux qui l’ont servi. Ils l’ont tous finalement
abandonné.
Où
allons-nous? 
L’image de l’Afrique est souvent une de
misère et de mort. Cette image attire des vautours. Ils sont prédateurs. Pour
faire pièce aux entreprises prédatrices, n’est-il pas temps d’édulcorer cette
image? N’est-il pas temps de laisser l’Afrique renaître?
La situation de l’Afrique est un kairos , une crise. Un kairos est aussi une opportunité pour remédier
aux micro-états. Autrement dit, le kairos
de l’Afrique, sa crise, est aussi une étape charnière permettant de passer d’un
état à un autre. Il y a des historiens qui soutiennent que la renaissance
italienne a été due au changement de vision du monde entraîné par les calamités
dues à l’épidémie de peste qui avait frappé durement la ville de Florence. Malgré
la situation de crise, le mouvement intellectuel de la renaissance a pris essor
en Italie au XVe siècle avant de s’étendre au reste de l’Europe. Historiquement,
la renaissance a toujours été sous-tendue par l’humanisme. Pour Laurent Valla,
un des ténors de l’humanisme, «le principal objet de la philosophie doit
(cependant) être l’ homme , ses
conditions de vie historiques et politiques, et le libre déploiement de ses
forces créatrices». On peut supposer que la situation de crise en RDC peut
aider à libérer le génie créateur nécessaire à une renaissance. Cependant, le
lien entre liberté et créativité n’est plus à démontrer. Ainsi, militer pour un
espace de liberté politique et/ou public contribuerait à la renaissance.
| "Le kairos
de l’Afrique, sa crise, est aussi une étape charnière permettant de passer d’un
état à un autre... On peut supposer que la situation de crise en RDC peut
aider à libérer le génie créateur nécessaire à une renaissance." |
|
Mgr Desmond Tutu et Nelson Mandela prônent
la renaissance de l’Afrique -disons de l’Africain- à partir de l’esprit de l’ Ubuntu ou l’humanité à travers les
autres. Cette notion a servi de câdre de référence en permettant à l’Afrique du
Sud post-Apartheid de conceptualiser
la réconciliation comme base d’une société démocratique. Voilà un outil qui
pourrait permettre à l’Afrique de remédier à la fragmentation de ses états en les
réconciliant avec dirigeants et peuples. Ceci pourrait se faire en commençant
par dégager une vision commune et mettre sur pied des structures qui facilitent
l’expression publique (politique) ainsi que la réflexion sur les questions de
conséquence afin de trouver des solutions
aux problèmes courants.
Sous le régime Mobutu, l’État était plus ou
moins un gendarme de l’Occident. Il constituait un rempart contre les visées
expansionnistes de l’URSS et assurait à l’Occident l’accès aux richesses
minières. Il va sans dire que l’état de droit n’existait pas. Sans un état de droit,
le citoyen n’avait pas d’espace pour être libre. Pour une majeure partie des
populations africaines, l’état est encore confisqué. La pression politique et
démographique en RDC a donc forcé la société civile a amorcé un processus de
conquête de l’espace public et milite pour la concrétisation d’un état de
droit. Un état de droit en RDC libérerait davantage les forces créatrices qui
pourraient entraîner les pays voisins dans le même processus. Étant donné les
dotations humaines et naturelles, il serait logique pour la RDC de jouer ce
rôle. L’exemple du Brésil est éloquent. Il n’y a pas tellement longtemps, ce
géant sud-américain croupissait sous des dictateurs militaires. Le Brésil
incarnait la répression (avec les escadrons de la mort), l’instabilité économique
et financière, la pauvreté ainsi que la fracture sociale. Aujourd’hui, le
Brésil représente un modèle à suivre.
| "Pour une majeure partie des
populations africaines, l’état est encore confisqué... Un état de droit en RDC libérerait davantage les forces créatrices qui
pourraient entraîner les pays voisins dans le même processus." |
|
Étant donné le kairos que constitue la situation congolaise et compte tenu
d’autres facteurs énumérés ci-dessus (dimension, ressources humaines et
naturelles) la RDC peut effectivement jouer le rôle de pièce maîtresse de cette
renaissance africaine : un état moderne qui se prévaut d’une citoyenneté
basée sur la communauté de valeurs. La renaissance africaine se fera par l’élargissement
de cet espace de liberté afin de laisser s’éclore et s’exprimer la créativité
du peuple. Et tout le monde en bénéficiera!
THE ROLE OF THE DRC IN THE AFRICAN RENAISSANCE
by Mik Missakabo 
Shoprite, the largest chain of South African
supermarkets, has just announced its expansion into the Democratic Republic of
Congo. In the short term, this strategic penetration will start with the
opening of two hypermarkets in Kinshasa and Lubumbashi. These two large cities represent an
opportunity for the South African grocer: more than 12 million consumers.
Whitey Basson, the Chairman and Managing Director of Shoprite, stresses that this enterprise will
spread to other towns in the DRC, which he considers promising.
What is interesting
about this news is that the project is going ahead in spite of the prevailing
socio-economic and humanitarian situation (the DRC was number 171—out of 180—in
the 2008 rankings of Transparency International). At first glance the factors
motivating this apparently unorthodox approach are not clear. However, examined
more closely within a larger context and vision, these factors not only
justify, but even compel the choice of this country to get Africa on its feet. A DRC in decay can have a
devastating effect on the the region, for both the political and socio-economic
stability of the continent, but fortunately, the DRC also has the potential to
be a mainspring of the African Renaissance. There are many reasons for this,
including its human resources, abundant natural resources, geopolitical
situation, etc.
| "A DRC in decay can have a
devastating effect on the the region... but fortunately, the DRC also has the potential to
be a mainspring of the African Renaissance." |
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Many analyses have
been made without ever producing viable and lasting solutions for the
semi-permanent crisis affecting a large part of the African continent. In a
series of articles, we are proposing a clarification of this crisis accompanied
by an attempt to bring its causes into perspective. To keep our project
rigorous, we shall impose limitations which will spring not from ideology but
from a critical analysis of the determining factors.
Where are we now?
As in every year since
1980, the UN, through the United Nations Development Programme (UNDP), has just
published its Human Development Report, country by country. This list,
published from 1980 on, is based on its human development index (UNHDI). The index evaluates different development
criteria ranging from life expectancy to per capita GDP, including the level of
literacy as well as the degree of schooling. The 2009 version of this list
brought no surprises. An African country is in last place and the DRC is 176th.
As usual, Africa is over-represented at the bottom of the list of
countries which are stagnating or regressing as much in economic development as
in human development. This performance "points the finger" at the
deficiencies of a large number of African states.
Africa is often synonymous with the precariousness or
fragility of the socio-economic and humanitarian situation. The few success
stories in recent years depend exclusively on the movement of raw materials to
the industrialized countries. Driven by Chinese investment and the skyrocketing
prices of raw materials in the last five years, some African countries have
exhibited economic growth rates markedly superior to those of some
industrialized countries. However, this growth has not had a significant effect
on the people’s quality of life. Indeed, since the recent financial upheaval and
economic downturn began, the effects have been more devastating in Africa than elsewhere. For example, according to the
AFP, the Ministry of Mining in the province of Katanga in the DRC counted more
than 300,000 layoffs between November
and December 2008. This situation demonstrates that the viability of economic
structures depends exclusively on the macro-economic conditions of the
industrialized countries. It is obvious that this state of affairs makes the
exporting countries vulnerable. When their sole source of revenue dries up,
they have only two choices: beg or borrow.
| "The viability of economic
structures depends exclusively on the macro-economic conditions of the
industrialized countries. It is obvious that this state of affairs makes the
exporting countries vulnerable." |
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Francis Fukuyama has
written, in all seriousness, in his article "Foreign Aid is Destroying
Africa" that "African governments, many of whom receive more than 50%
of their national budget from international donors, are accountable not to
their people, but to various levels of foreign concerns, with mixed and contradictory
interests." Further on, he adds that "the Europeans have set up
colonial institutions on the cheap, looking to control large areas of land with
the help of a skeleton administration. The strong man of contemporary African
politics is, in many respects, a colonial creation, because the Europeans wanting
to control indirectly have given the power to a series of local dictators with
the responsibility for operating their enterprises. Finally colonialism has
imposed a collection of irrational frontiers on its colonies." To preserve
the continuity of the system, the strong man does not always observe the
criteria of meritocracy when choosing the state functionaries. 
Under Mobutu’s regime,
nepotism and the "divide and rule" technique were used extensively,
contributing considerably to a kind of social fragmentation by implicitly
promoting ethnic awareness. Combined with other factors, these practices have
compromised the ability of the state to fulfill its prime function: to
guarantee a state of law. The Ivory Coast, Zimbabwe, Chad, and many other countries are in the same
situation, which, like the DRC, are rich in resources but poor in governance.
The republic, the commonwealth, is poor. Because of its poverty, the republic
is unable to ensure the provision of goods and services to its people. In this
context, corruption can be explained, if not always justified. If the state
cannot pay its agents, it is not surprising that some of them take advantage of
less than savoury practices to supply their basic needs.
This crisis situation also
brings in its wake a phenomenon more and more common: the brain drain. The
gradual deterioration of public services along with the general violation of
basic rights under Mobutu’s regime forced many of the country’s professional
class into self-exile. Among other examples, the high concentration of
Congolese doctors in South Africa bears witness to this fact. This phenomenon is
not confined to the DRC. It is widespread
among developing countries for obvious reasons. According to different
UN reports, the wave of migration is intensifying. More and more intellectuals
(including scientists and researchers) are leaving their native countries and
setting up abroad to find a better way
of life. In the last few years, Somalia has lost more than half of its intellectuals,
who have left for Europe, North America, or Australia.
As well as losing its
best and brightest, African countries fail to educate a key half of their
populations. The UNHDI published by the UNDP, like various reports published by
NGOs, gives an account of galloping illiteracy in Africa. And it is the young girls who are the most
affected. In the DRC, the state constitution decrees that the provinces make
free primary schooling the law. But only the province of Katanga has taken some steps in this direction. In
conformity with the law of decentralization, every provincial government has
its own program for education. Yet, because the state does not provide the
means to translate constitutional decrees into practice, 180,000 pupils have
been unable to return to school in the provinces of North and South Kivu.
Diagnosis
The previous section
tried to show how a state with its sights fixed outside can in the long run sink itself. If the country is rich but
the state is poor, one can argue that resistance becomes part of the structural
order. Those who conceived and set up African state structures do not seem to
have had the state of law and the wellbeing of the Africans as their primary
concern. V. Y. Mudimbe is famous for his thesis about the invention of Africa. He shows that the idea and, consequentially,
the image of Africa are the result of Western imperialist aims.
Mudimbe also claims that the writings of Western missionaries and
anthropologists have produced distortions in the representation of Africans and
Africa, as much for the Africans themselves as for
non-Africans.
| "If the country is rich but
the state is poor, one can argue that resistance becomes part of the structural
order." |
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The terms used to
describe the situation can have connotations going well beyond the obvious. The
word "corruption", for example, is a vague but loaded term. Often it
obscures the situation which it is meant to clarify. The use of this term often
damns the corrupted, but very rarely the one who corrupts. Yet the two—the
corrupter and the corrupted—both get some individual advantage. This attitude
is reflected in the way that the benchmark (therefore respectable) institutions—like
the World Bank, the Parliamentary Assembly of the Council of Europe, or
Transparency International—conceptualize corruption. These institutions define
corruption in a limited way: they have the corrupt in their sights. But the recent
financial crisis shows, among other things, that corruption is systemic. It is
inherent in the world economic-financial system. Given the frequency or
ubiquity of the phenomenon, we must redefine the concept of corruption to make
it useful. It is no longer a variable, but rather a common factor. Thus its
power to explain is seriously damaged.
The chronicles of Africa are often nécrologiques,
obituaries, a word that Stephen Smith, in Négrologie:
pourquoi l’Afrique meurt, transforms into n égrologiques . Thus black—and by extension the black man—is the
equivalent of death. The taint of obscenity or racism is overt in some
pessimistic analyses. This ideological pessimism does nothing to attract
substantial investment and creates self-fulfilling prophecies. The concept of the
self-fulfilling prophecy was proposed by Robert K. Merton, based on the W. I. Thomas
theorem, according to which, "If men define situations as real, they are real in their consequences."
| "Thus black—and by extension the black man—is the
equivalent of death... This ideological pessimism does nothing to attract
substantial investment and creates self-fulfilling prophecies." |
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Certainly the West’s
views have changed. No one will now dare to "boast" of the benefits
of slavery. However Western confessions are often hollow and inconsequential.
Despite the promises and pious vows, France continues to perpetuate la Françafrique . In his work entitled Françafrique: Le Plus Long Scandale de la République , François-Xavier
Verschave describes Françafrique as "a nebula of economic, political, and
military activists, in France and in Africa, organized in networks and lobbies,
and focussed on the expropriation of two sources of revenue: raw materials and
public funding for development. The logical consequence of their withdrawal is
to forbid any initiative outside the circle of the initiated. This
self-degrading system recycles itself as criminalization. It is naturally
hostile to democracy."
Note also that in
forty years of independence the DRC, just like other African countries which
are exporters of raw materials, could have managed its wealth more
rationally. The godsend of oil has
brought Nigeria more than 300 billion dollars in thirty odd years. Yet everything
indicates that the average citizen has not benefitted much from this. The chaotic
administration of wealth is evidence of a lack of vision. To govern is to
foresee the future. The West has set up structures which permit it to have
access to African raw materials. As a consequence, in more than forty years of
independence African states have not been able to set up structures to ensure
stable sources of food production. In Guns, Germs, and Steel: The Fates of Human
Societies , Jared Diamond
maintains that "food production is a necessary precondition but not enough
to establish complex and expanding societies." If the state cannot ensure
food production, loyalty and respect for its institutions will not exist.
In her book, The Challenge for Africa , Wangari
Maathai castigates what she calls the fractured micro-nations' suffering from a
dependence on humanitarian aid. The insignificance of these nations (or states)
is not related to their surface area. It is the absence of a state of law, the illegitimacy
of the state, and the deterioration of public services. The Africa of micro-states will have no weight with the
European Union or other supra-national organizations. The Africa of micro-states will have a walk-on role only
by giving its allegiance to the Francophonie, the Commonwealth or the West.
| "The Africa of micro-states will have no weight with the
European Union or other supra-national organizations." |
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Recently, the DRC and Angola have been playing human ping-pong with very
serious consequences. This is an example of these micro-states' inability to
influence the course of events on a larger scale. Each of these countries
brutally raids and expels the other’s nationals. Descriptions in the media give
reason to believe that these operations are not carried out in accordance with
laws in force. Or, to take another example, the last days of Mobutu’s regime showed
a "strong man" caught in a Faustian bargain with those whom he had
served and those who had served him. All finally abandoned him.
Where are we going? 
The image of Africa is often one of poverty and death. This image
attracts vultures. They are predators. To put an end to predatory enterprises,
isn’t it time to brush up this image? Isn’t it time to let Africa be born again?
Africa’s situation is a kairos , a crisis. A kairos
is also an opportunity to put the micro-states to rights. In other words, Africa's kairos ,
its crisis, is also a terminal stage allowing for passage from one state to
another. There are historians who maintain that the Italian Renaissance was due
to a change in the vision of the world brought about by the calamities of the
plague ravaging the city of Florence. In spite of the crisis, the intellectual movement of the Renaissance
took off in Italy in the XVth century before spreading to the
rest of Europe. Historically the Renaissance has always been
underpinned by humanism. For Laurent Valla, one of the bright lights of
humanism, "the principal object of philosophy must (however) be man , the historical and political
conditions of his life, and the free deployment of his creative forces." It
is possible to imagine that the crisis situation in the DRC could help to
liberate the creative genius necessary for a renaissance. However, the link
between freedom and creativity is no longer there. Thus fighting to make a
place for political and/or public liberty would contribute to a renaissance.
| "Africa's kairos ,
its crisis, is also a terminal stage allowing for passage from one state to
another... It
is possible to imagine that the crisis situation in the DRC could help to
liberate the creative genius necessary for a renaissance." |
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Archbishop Desmond
Tutu and Nelson Mandela advocate the renaissance of Africa —and the African—in the spirit of Ubuntu or humanity through others. This
idea has been used as a frame of reference, allowing South Africa post-apartheid to conceptualize reconciliation
as the foundation for a democratic society. This is a tool which could allow Africa to put right the fragmentation of her states
by reconciling leaders and their people. It could start by extricating a common
vision and setting up structures that facilitate public (political) expression
as well as reflection on key issues in order to find solutions to current
problems.
Under Mobutu’s regime,
the state was more or less the West’s policeman. It was a bastion against the
expansionist goals of the USSR and ensured the West’s access to mineral
wealth. It goes without saying that a state of law did not exist. Without a
state of law, the citizen could not have space to be free. For a large part of
the African population, the state has still not been returned to them.
Political and demographic pressures in the DRC have thus forced civil society
to initiate a process to recapture public space and to fight to make the state
of law a reality. A state of law in the DRC would further free the creative
forces that could bring the neighbouring countries into the same process. Given
its human and natural endowments, it would be logical for the DRC to play this
role. Brazil is an eloquent example. It was not so long ago that this South American
giant was stagnating under military dictators. Brazil was the incarnation of repression (complete
with death squads), economic and financial instability, poverty and a fractured society. Today Brazil is a model to be imitated.
| "For a large part of
the African population, the state has still not been returned to them... A state of law in the DRC would further free the creative
forces that could bring the neighbouring countries into the same process." |
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Given the kairos of the Congolese situation and
taking into account the other factors listed above (size, human and natural
resources), the DRC can effectively play the role of mainspring for the African
renaissance: a modern state which boasts of a citizenship based on common
values. The African renaissance will be achieved by enlarging the space for
freedom so that the creativity of the people can blossom and express itself. And the whole world will benefit!

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